Une centaine de batteries au lithium dérobées sous des antennes relais d’Orange Réunion, un duo de voleurs condamné

En l’espace de huit mois et agissant aux quatre coins de La Réunion, des voleurs auront réussi à dérober 101 batteries au lithium nouvelle génération équipant des antenne-relais, qu’ils revendaient au marché noir. Le préjudice s’élève à près de 130 000 euros pour l’opérateur téléphonique Orange.
C’est en octobre de l’année dernière qu’Orange Réunion sollicite la gendarmerie, constatant que les vols de batteries au lithium se multiplient depuis plusieurs mois sur ses installations, notamment les antennes relais qui en sont équipées pour pallier les coupures d’électricité.
Depuis le mois de mai, ce sont déjà 28 de ces batteries nouvelle génération, pesant 43 kg et valant plus de 1.100 euros pièce, qui se sont volatilisées. Les sites visés se trouvent aux quatre coins de l’île, de Sainte-Rose à Trois-Bassins en passant par Le Port ou La Plaine-des-Palmistes, sans que les voleurs, visiblement équipés d’une clé spécifique, ne laissent de trace à part un grillage découpé.
ADN, géolocalisation et écoutes téléphoniques
Enfin, jusqu’à ce 28 octobre 2025, où une trace ADN est relevée sur du scotch noir utilisé par les voleurs pour isoler les câblages d’une installation de Sainte-Marie. Le même ADN est retrouvé six jours plus tard sur la serrure d’une autre installation à Saint-Benoît. L’empreinte génétique est identifiée comme appartenant à un Dionysien de 27 ans, déjà connu pour des faits de trafic de stupéfiants, et qui travaille comme électricien chez un sous-traitant d’Orange.
Pensant tenir leur homme, les enquêteurs poursuivent leurs vérifications et constatent que son téléphone a « borné » à proximité de 75 % des sites concernés par les vols, tout comme son véhicule de service équipé d’un traceur GPS. Une présence sur les lieux souvent nocturne, renforçant les soupçons des gendarmes.
Revendues sur MarketPlace
Au fil d’écoutes téléphoniques, ils constatent également que leur suspect bénéficie de l’aide d’un complice, qui lui sert de chauffeur depuis que son véhicule de société lui a été retiré. Un Dionysien de 42 ans sans emploi, propriétaire d’une BMW X3 qui va être équipée incognito d’un dispositif de géolocalisation.
Ce qui va permettre d’interpeller les deux hommes en flagrant délit le 21 janvier dernier, au pied d’une antenne à Sainte-Clotilde. En garde à vue, les deux hommes passent aux aveux. Si l’électricien a œuvré seul pendant un moment, il a fini par être rejoint par son complice pour lui servir de chauffeur et l’aider à écouler la marchandise. Des batteries revendues autour de 700 euros la pièce, soit à des particuliers disposant d’équipement photovoltaïques via la plateforme MarketPlace de Facebook, soit à des professionnels de leur connaissance.
101 batteries dérobées sur 62 sites
Au total, ce sont 101 batteries qui auront été dérobées en l’espace de huit mois sur 62 sites de l’opérateur téléphonique. Pour un préjudice évalué à près de 130 000 euros.
Expliquant s’être inspirés « de vols similaires déjà pratiqués à La Réunion ou à Mayotte » et avoir agi « pour résoudre des difficultés financières », les deux hommes ont été présentés et juger mercredi 22 avril devant le tribunal correctionnel.
Sursis et obligation d’indemniser
« Mon client était en surendettement et s’est trouvé pris dans un engrenage » a plaidé Me Caroline Varignon pour l’électricien de 27 ans, licencié depuis par son employeur. Pour le chauffeur, Me Ibrahim Akhoun reconnait « un attrait de l’argent facile, même si lui n’a participé que sur les onze derniers faits. »
Après délibéré, les deux comparses ont été condamnés. Si le chauffeur s'en sort avec dix mois de prison avec sursis, l'auteur principal écope lui de 18 mois de prison dont douze avec sursis probatoire, avec l’obligation d’indemniser Orange Réunion de son préjudice.
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