Un réseau de prostituées mauriciennes démantelé à La Réunion, trois souteneurs présumés incarcérés

Trois hommes et deux femmes soupçonnés d’avoir facilité la prostitution de jeunes Mauriciennes aux quatre coins de La Réunion ont été interpellés et déférés à Saint-Denis. Dans l’attente de leur procès renvoyé au mois prochain, les trois hommes sont maintenus en détention.
C’est un renseignement parvenu à la brigade de gendarmerie des transports aériens (BGTA) de Gillot qui a servi de point de départ à l’enquête en mars dernier. Avisés qu’une ressortissante mauricienne venait à La Réunion pour se livrer à de la prostitution, les gendarmes s'intéressaient alors à la logistique entourant cette activité illicite.
Un gérant de société et un agent communal soupçonnés
Avec le concours de la section de recherches, ils parvenaient à établir l’existence d’un réseau à tiroirs, impliquant depuis février 2025 plusieurs jeunes femmes venues de l’île Sœur avec l’assistance et la complicité de cinq résidants réunionnais : trois hommes et deux femmes, soupçonnés d’avoir joué les "logisticiens" en facilitant leur venue, leur hébergement et leur activité de prostitution.
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Achats de billets d’avion, locations de logement, délivrance d’une carte bancaire et prises de rendez-vous avec des clients via un site internet de petites annonces étaient ainsi documentés par les enquêteurs, pour des prestations tarifées réalisées aux quatre coins de l’île : à Saint-Denis, Saint-Paul, Saint-André et Bras-Panon notamment.
Comme rapporté par Le Quotidien, un coup de filet est opéré mardi 1er septembre, avec l’interpellation des cinq proxénètes présumés : des résidents réunionnais entre 30 et 50 ans, plutôt bien insérés, se retrouvent en garde à vue : un gérant de société, un agent communal de Sainte-Marie, une mère de famille… Deux des hommes en cause sont déjà connus de la justice pour des infractions à la législation sur les stupéfiants ou des délits routiers.
"Un dossier d'exploitation sexuelle à des fins lucratives"
En perquisition, les militaires retrouvent des éléments confirmant les soupçons, et notamment le passeport d’une des prostituées que l’un des suspects conservait à son domicile. Certains des proxénètes présumés auraient investi jusqu’à 25 000 euros dans ce business, qui aurait concerné depuis février 2025 et jusqu’à ce jour sept jeunes femmes identifiées comme victimes, pour la plupart déjà rentrées dans leur pays d’origine. « Mais qui étaient venues volontairement », observe la défense.
Déférés au palais de justice de Saint-Denis pour proxénétisme aggravé, les cinq suspects ont été présentés à juger en comparution immédiate vendredi 4 septembre. L’affaire a été renvoyée à juger au 26 octobre prochain.
S’agissant « d’un dossier atypique d’exploitation sexuelle d’êtres humains à des fins lucratives », le parquet a requis le maintien en détention provisoire des trois hommes écroués la veille. Les deux femmes sont quant à elles maintenues en liberté sous contrôle judiciaire.


