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Un livre, un auteur : "les déracinés de La Réunion" de Marie Germaine Périgogne

Ecrit par Gilette Aho – le dimanche 26 juillet 2026 à 13H57

Des enfants de la Creuse je garde le souvenir d’une petite fille à l’école primaire qui du jour au lendemain s’est volatilisée. Elle m’avait prévenue quelques jours auparavant qu’elle allait partir en France « pour respirer ».

Au fil de mes lectures, j'ai cherché à comprendre la réflexion fascinante de Marie-Annick A., qui s'est trouvée « aspirée » par l'histoire spécifique des enfants de la Creuse. Cette tranche de vie a laissé une trace indélébile, une lame gravée dans la peau de notre île.. « C’est une histoire qui dérange et que l’on veut enfouir sous le tapis. »

L’ouvrage : « les déracinés de La Réunion » relate le parcours d’une enfant de la Creuse. D’abord on est saisi par la fluidité de l’écriture à travers laquelle Marie Germaine Périgogne a « vidé son sac ».

« La vie est sans conteste une succession de blessures, souvent invisibles à l’œil nu » de cet adage écrit noir sur blanc dans son livre, elle se remémore son enfance, son adolescence, sa vie d’épouse, de compagne, de mère, de grand-mère, de tante, de filleule, de collègue sans oublier de citoyenne pleinement impliquée dans le tissu associatif et de présidente de la Fédération des Enfants Déracinés des DROM (Départements et Régions d'outre-mer)   Au fil des pages, elle nous entraine dans la vie d’une femme affirmée, indépendante, résistante et résiliente.

Dans une sincérité puissante, limpide Marie Germaine Périgogne devient « un modèle d’affranchissement ».

Dans un murmure déroutant à l’oreille de la lectrice que je suis, elle reconstitue le puzzle de la femme qu’elle est devenue au-delà des épreuves épouvantables qu’elle a su traverser.

De la petite fille de trois ans, tapie sous une table pour éviter les coups à ses tourments de maman solo la Réunionnaise exilée aura tout subi !

Des rencontres féminines aux spécialistes de l’exil, un de ses interlocuteurs mettra de la lumière dans les méandres de ses recherches : Philippe Vitale. Le sociologue lui fera prendre conscience de l’importance des mots :

« Il ne croyait pas que des expressions comme déportation, esclavage, honte… puissent faire avancer notre cause. Il se méfiait du militantisme extrême et s’en tenait donc aux faits. Il souhaitait, non pas pour excuser, mais pour expliquer, décrire dans son rapport les circonstances économiques, sociales, démographiques, politiques sur l’île à l’époque. Je retins de lui que nous devions maintenant nous « libérer des chaînes de la victimisation, sortir de la prison de la mémoire ». Plus facile à dire qu’à faire cependant ».

« Les déracinés de La Réunion » est sans nul doute le meilleur livre sur l’exil des enfants de La Creuse ! Grâce à l’acharnement persistant, la voix ferme mêlant douceur, recherches scientifiques, discours officiels et les multiples émotions de Marie Germaine Périgogne. G. Aho

Les déracinés de La Réunion de Marie Germaine Périgogne. - Mars 2026 - 280 pages - Nouvelles sources éditions

Etiquettes : Gilette Aho | PU1

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