Un homme contrôlé à 2 grammes à la station alors qu'il fait le plein

Force est de constater que parfois le sort s'acharne sur certains d'entre nous. C'est le cas de Yannis B., 46 ans, qui s'arrête tranquillement dans une station de Sainte-Suzanne pour se ravitailler en essence. Pour le reste, il apparaît qu'il était déjà au taquet, puisque des gendarmes présents au même moment constatent qu'il titube et qu'il sent fortement l'alcool. Ils se rapprochent de lui, le font souffler et découvrent un taux de 2,3 g/l d'alcool à l'éthylotest. Comme il est sous le coup d'une décision judiciaire pour les mêmes faits le 18 juin dernier avec cette fois 2,02 g/l dans le sang, les militaires le placent en garde à vue. Cette récidive lui vaut une présentation en comparution immédiate ce lundi 7 octobre et la saisie de son scooter puisqu'il était sous le coup d'une interdiction de conduire tous véhicules à moteur pendant quatre mois suite à cette récente condamnation.
"C'est un petit écart de la vie", dit-il aux militaires lors de la garde à vue. Comprenant les enjeux, le prévenu s'excuse et regrette : "Trois jours en détention, ça m'a fait un déclic", explique-t-il au tribunal. Pour autant, son casier judiciaire fait état de 9 mentions dont 4 pour des délits routiers. "C'est la cinquième fois qu'il passe devant le tribunal pour des délits routiers", assène la procureure en réponse aux excuses du prévenu. "Le deal, qu'il a accepté au mois de juin, était de ne plus conduire et de se soigner. Je pense qu'il lui faut une période de sevrage forcée", conclut le parquet qui requiert une peine de six mois de prison, la révocation de six mois du sursis précédent, le maintien en détention ainsi que la confiscation du scooter.
"Je ne reviendrais pas sur les faits qui sont constitués et reconnus", répond la défense qui poursuit : "Il est inséré, travaille en CDI et a fait des efforts pour son addiction à l'alcool puisqu'il est suivi pour cela. Je vous demande une peine entièrement assortie d'un sursis probatoire pour qu'il puisse rester inséré", plaide la robe noire. Estimant qu'il n'avait pas tenu compte des avertissements de la justice, le tribunal reconnait le prévenu coupable et suit intégralement les réquisitions du parquet. Le scooter est confisqué et de plus, il lui est fait interdiction de conduire un véhicule sans dispositif anti-démarrage pendant deux ans.


