Nuit d'Halloween : un étudiant condamné pour avoir blessé des policiers dénonce des violences policières

Condamné à 12 mois de prison, dont 6 avec sursis, pour avoir blessé deux policiers lors d’incidents survenus la nuit d’Halloween 2022, Thomas D., 20 ans, conteste sa responsabilité. Le jeune homme, petit-fils d’un ancien homme politique, plaide un choc accidentel et dénonce des violences policières. La cour d’appel rendra son verdict le 27 février.
Thomas D. est le petit fils d'un ancien homme politique bien connu. C'est un grand gaillard d'1m96 au physique de rugbyman. Sa carrure impressionnante et sa tenue vestimentaire, sweat rouge à capuche et pantalon noir, ne sont pas passées inaperçues la nuit d'Halloween de 2022. Le groupe de policiers qui a été caillassé l'a formellement reconnu comme un de ceux qui lançait des pierres. Le jeune majeur de 18 ans à l'époque avait fui en direction de l'église toute proche, poursuivi par plusieurs agents.
A ce stade, les versions des intéressés divergent. Thomas assure, même s'il était caché derrière un arbre, que ce n'était pas lui qui caillassait la BAC, bien au contraire. Jeune étudiant bien sous tous rapports, il aurait plutôt empêché les voyous autour de lui en leur enlevant les galets des mains. "Sa sortie ce soir là, c'était pour aller tester une nouvelle ambiance. Il le regrette", déclare un de ses avocats devant la cour d'appel.
Le prévenu dénonce des violences policières
Face aux forces de l'ordre qui l'auraient maltraité au niveau de l'église, rue Amiral Bosse, Thomas a eu le nez cassé. Deux policiers ont également été blessés, dont un s'est vu prescrire 120 jours d'ITT, qui fonde la gravité des blessures. Les deux fonctionnaires de la BAC décrivent avoir été chargés par Thomas qui voulait s'enfuir. L'un des deux aurait été victime d'un tampon à l'épaule et se serait effondré. Une chute qui avait provoqué une lésion au ménisque et une rupture des ligaments croisés.
Pour venir témoigner à la barre, le policier se déplace avec beaucoup de difficultés deux ans après les faits. Sous le feu des questions de la défense, le quinquagénaire est malmené. Le bâtonnier, Me Georges André Hoarau, sous entend dans son questionnement que son client a été deux fois victime. "Ceux qui ont réalisé la procédure sont vos collègues. Ça doit alerter", tonne le conseil qui soutient la thèse d'un choc accidentel entre Thomas et les deux policiers, sans aucune intention de nuire. "C'est le policier qui s'est trouvé en travers de sa route. Ils sont tombés au sol ensemble", affirme le conseil. Me Jean-Jacques Morel insiste à sont tour sur le fait qu'une plainte au procureur de la République pour dénoncer des violences policières et une autre auprès du doyen des juges d'instruction soient restées lettre morte.
Le policier estime avoir subi un tampon comme dans un match de rugby
Côté partie civile, le bâtonnier Laurent Payen, n'a pas donné les mêmes explications tout en déplorant l'absence du prévenu actuellement en Belgique où il poursuit des études. Thomas D. tentait de s'enfuir et avait été rattrapé alors qu'il était en train d'escalader un grillage. Son interpellation et le départ du fourgon de police en direction de Malartic s'étaient déroulés dans un climat tendu, une foule hostile se rapprochant du groupe. Le policier, "heurté intentionnellement", a subi deux opérations chirurgicales consécutives à ses blessures. Quant à la défense, elle n'a pas contesté l'expertise médicale chargé d'évaluer le préjudice subi : "vous reconnaissez donc vos torts", assène la robe noire à ses contradicteurs.
En mars 2024, Thomas D., 20 ans, a été condamné par le tribunal correctionnel de St-Pierre à 12 mois d'emprisonnement dont 6 avec sursis sans possibilité d'aménager cette peine. En appel à sa demande, le vingtenaire espère être blanchi et continuer sa vie avec un casier judiciaire vierge.
Le parquet général, laconique, a proposé à la cour de confirmer cette condamnation. Réponse de celle-ci, le 27 février prochain.


