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Un employé de la station des Camélias tabassé après une altercation avec sa supérieure

Ecrit par S.G. – le mercredi 11 mars 2026 à 18H55

Deux jeunes hommes écopent de dix mois de prison avec sursis pour avoir cogné un employé d’une station-service de Saint-Denis qui venait d’avoir un différend avec sa supérieure.

"Ils se sont pris pour des justiciers", dénonce Me Magali Michel pour la partie civile. Ils sont deux jeunes Dionysiens à comparaître mercredi 11 mars pour des faits de violences aggravées commis sur un employé d'une station-service de Saint-Denis, roué de coups de poings et de coups de pieds dans ce que l’avocate décrit comme "un règlement de comptes."

Embrouille à la station

Ce 20 janvier dernier, un employé de caisse en période d’essai à la station Ola des Camélias a un différend avec sa supérieure hiérarchique qui lui refuse de prendre une pause. Le ton monte sérieusement, le vendeur indiquant avoir ensuite été "bousculé" par la jeune femme et avoir essuyé des crachats de sa part, celle-ci le menaçant en outre de lui faire perdre son travail.

Dépité, l’employé traverse le boulevard pour se rendre au supermarché acheter une boisson. Et alors qu’il se pose un peu plus loin avec un collègue, une voiture déboule et se gare de travers en mettant les warnings. Deux jeunes hommes, se présentant comme des "amis" de la cheffe d’équipe de la station en descendent et se précipitent vers lui en lui demandant des comptes sur la scène survenue un peu plus tôt.

"On voulait juste parler"

La rencontre tourne très vite au pugilat, avec jet de bouteille, coups de poings et coups de pieds sur la victime au sol façon "pénaltys" jusqu'à l'intervention des policiers. Le trentenaire s’en sort avec de multiples ecchymoses, un doigt fracturé et 21 jours d’interruption totale de travail.

"On venait de croiser notre amie qui pleurait en disant avoir été agressée par un collègue. On voulait juste parler avec lui, c’est lui qui s’est mis en position de garde pour frapper", affirme l’un des prévenus.

"Ils m’accusaient d’avoir frappé ma supérieure mais c’est des mensonges, tout a été filmé par les caméras de la station", rétorque la victime, qui n’a pu conserver son emploi du fait de l’incompatibilité d'humeur avec sa cheffe, contre laquelle il a également déposé plainte.

"Ils lui sont tombés dessus"

"Ils avaient sa photo, ils lui sont tombés dessus dans les minutes qui ont suivi", fustige encore la partie civile. Le parquet, qui s’appuie sur "le témoignage neutre" d’une voisine ayant assisté à la scène de violences, réclame neuf mois de prison avec sursis probatoire contre les deux jeunes encore inconnus de la justice.

"On aurait pu retenir des violences réciproques alors que la victime a aussi lancé une bouteille et donné des coups", plaide Me Sébastien Navarro en défense. "La victime pourrait aussi remettre en cause son propre comportement", abonde Me Catherine Moissonnier pour le second prévenu.

Après délibéré, le tribunal va déclarer coupables les deux "justiciers", les condamnant à dix mois de prison avec sursis et à l’interdiction d’entrer en contact avec la victime pour une durée de deux ans.

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