Un arbre sur trois est menacé d’extinction

La Réunion ile intense aux grandioses paysages. En voyant une nature si belle, comment peut-on s'imaginer le déclin de la biodiversité ?
Et pourtant ...
Dans une interview sur la COP 16 sur la biodiversité, le président du Muséum national d’histoire naturelle, Gilles Bloch, déclare :
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" La situation est catastrophique. La communauté scientifique parle de plus en plus de 6e extinction de masse des espèces, car on n’a jamais connu un phénomène d’une telle ampleur, incroyable, inouïe, depuis l’extinction des dinosaures il y a 66 millions d’années. Plus inquiétant encore, le phénomène est aujourd’hui environ 100 fois plus rapide. [...] environ un million d’espèces, c’est-à-dire la moitié de celles connues dans le monde, sont à risque d’extinction. Et pas dans trois siècles, mais d’ici 2040. Moins d’une génération. C’est vertigineux. "
Un arbre sur trois menacé d'extinction.
Le 28 octobre 2024, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) constituée de représentants de gouvernements et de la société civile, a présenté depuis Cali, en Colombie en pleine COP 16 sur la biodiversité, l'actualisation de sa liste rouge des espèces menacées d’extinction en y ajoutant, pour la première fois, une évaluation mondiale sur l’état des arbres.
Les résultats de l'UICN sont ceux d'une décennie de travail de recensement des essences, plus de 47 000 au total (sur 58 000 estimées dans le monde) : l’état de santé des arbres est au plus mal. Pas moins de 38 % d’entre eux sont menacés d’extinction, soit un arbre sur trois en danger, dans 192 pays différents.
En 2023, 6.4 millions d'ha de forêts disparus
En 2023, la superficie de la déforestation est équivalente à 26 fois la superficie de La Réunion. Outre la déforestation, au profit de l’agriculture intensive ou par surexploitation du bois, les principales autres menaces pour la forêt citées par l’UICN sont la prolifération des parasites, des espèces invasives, et le changement climatique causé par l’humanité.
Comme le souligne la directrice générale de l’UICN, la costaricaine Grethel Aguilar, par ricochet, la disparition d’espèces d’arbres «menace directement des milliers d’autres espèces, plantes, champignons et animaux, démontrant à quel point la nature est interconnectée. Et les arbres sont fondamentaux pour des milliards d’êtres humains. Au Costa Rica, j’ai pu constater à quel point ils étaient un soutien pour l’économie et les populations locales»..
L’humanité dépend des forêts pour son alimentation, le bois de chauffage ou de construction, les médicaments, l’assainissement de l’air et la régulation du climat ; les forêts sont des puits de carbone indispensables pour limiter le taux de CO2 atmosphérique.
En Amérique du Sud – qui abrite la plus grande diversité d’arbres au monde – plus de 3 000 essences des 13 668 espèces documentées sont menacées d’extinction.
La forêt amazonienne est très suivie car elle a une influence planétaire sur le climat et sa situation est critique ; les scientifiques alertent sur sa déforestation à outrance qui est proche d'atteindre le "point de basculement" c'est à dire le moment où la dégradation est telle que des modifications irréversibles font évoluer le système. Ainsi, au rythme actuel de sa déforestation, la forêt amazonienne est vouée à disparaître.
Si la forêt amazonienne est l’exemple le plus connu, l'ensemble des forêts du globe sont menacées, notamment les forêts africaines (pillées pour leur bois principalement par la Chine), et les forêts de Malaisie détruites pour planter des palmiers à huile. Sans oublier les forêts arctiques du Canada et de la Sibérie victimes de gigantesques incendies.
Que décidera la COP 16 ?
Toutefois, un espoir subsiste. La nature est résiliente. De nombreuses associations parviennent très localement à inverser ce déclin de la biodiversité. Mais ces actions restent très limitées alors que la communauté scientifique alerte sur l'urgence d'une réaction à l'échelle internationale. Et c'est le rôle de la COP 16 de prendre des engagements concrets et urgents.
Quelle sera l'efficacité des décisions qui seront prises quand on voit le peu d'écho donné à cette manifestation, et le peu d'intérêt manifesté par les chefs d'Etats bien trop occupés à faire la guerre, (guerres militaires, économiques, diplomatiques) ou à se faire élire ou réélire, ou à toutes sortes de préoccupations jugées bien plus urgentes ?


