Trop proches et trop nombreux : les bateaux ont perturbé les baleines

Dans son bilan 2024, le CEDTM alerte sur l’impact des activités humaines sur les baleines à bosse à La Réunion, estimant que les comportements autour de l'observation des cétacés se sont détériorés lors de la dernière saison.
Alors que la saison des baleines à bosse 2024 s'est achevée il y a quelques mois à La Réunion, le Centre d’Étude et de Découverte des Tortues Marines (CEDTM) dresse un bilan mitigé. Si l’engouement autour de l’observation des cétacés reste fort, les comportements parfois inadaptés des plaisanciers et professionnels inquiètent. L’équipe Quiétude, chargée de veiller à la tranquillité des baleines, tire la sonnette d’alarme : l’équilibre fragile entre activité humaine et bien-être des animaux est menacé.
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Une fréquentation record qui inquiète
La saison 2024 a été marquée par une présence significative de baleines dans les eaux réunionnaises, témoignant d'une année prolifique en termes de reproduction et de passage migratoire. Cependant, cette hausse s’est accompagnée d’une intensification de la fréquentation humaine. Les eaux autour de l’île ont vu affluer des plaisanciers, plongeurs et professionnels du tourisme, souvent un peu trop avides d’approcher ces majestueux mammifères marins.
Malheureusement, tous n’ont pas respecté les règles de la charte d’approche des cétacés. "Les comportements inappropriés sont encore trop nombreux, qu’il s’agisse de poursuites, de moteurs bruyants ou d’un nombre excessif d’embarcations autour d’une même baleine", déplore le CEDTM. Ces perturbations, bien qu’encadrées par des réglementations, continuent de stresser les animaux et de mettre en péril leur cycle naturel.
Un impact visible sur les baleines
Les conséquences de ces dérangements sont multiples. Le CEDTM souligne que les baleines stressées modifient leurs comportements, évitent certains secteurs ou limitent leurs interactions sociales. Les mères avec leurs baleineaux, particulièrement vulnérables, sont les plus affectées. Ces perturbations pourraient, à terme, compromettre la reproduction et le développement des jeunes cétacés.
"Les baleines à bosse migrent près de nos côtes pour se reproduire, mettre bas et se reposer avant de retourner en Antarctique. Les baleineaux ont besoin de tranquillité pour se nourrir, se développer, sociabiliser et se reposer. À chaque observation dérangeante, ces temps nécessaires à leur développement sont interrompus et peuvent mettre en jeu leur bien-être et leur survie."
L'Équipe Quiétude
Vers une meilleure cohabitation en 2025
"L’observation des baleines est un privilège, mais elle doit s’accompagner d’une responsabilité collective", rappelle l’équipe Quiétude. Malgré des efforts de sensibilisation, le non-respect des règles persiste, mettant en lumière le besoin d’un contrôle renforcé.
"Pour garantir une activité durable et responsable vis-à-vis du bien-être des animaux, il est aujourd’hui nécessaire de réduire et réguler cette forte pression. Dans le cadre du projet MONITOBS, l’équipe Quiétude organise des temps d’échanges avec l’ensemble des acteurs concernés afin de réfléchir et de construire une activité plus responsable et respectueuse des animaux".
À travers son bilan et ses recommandations, le CEDTM espère concilier le développement touristique avec la préservation des cétacés. L’objectif est clair : assurer que les générations futures puissent continuer à admirer les baleines à bosse dans des conditions respectueuses de leur bien-être.
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