Trop c'est trop! Passons à l'action

Madagascar se meurt. Et les charognards de toute espèce se précipitent pour se partager sa dépouille. Allons-nous nous laisser tuer sans nous défendre comme les agneaux que l’on mène à l’abattoir ?
Allons-nous nous contenter d’une résistance théorique à l’abri de nos claviers d’ordinateur ?
Il est plus que temps de traduire notre résistance par des actes concrets.
NOUS NE DIRONS JAMAIS ASSEZ COMBIEN IL EST IMPORTANT DE NOURRIR NOS ACTES DE RESISTANCE DES EXPERIENCES DE NOS PREDECESSEURS, A MADAGASCAR ET AILLEURS DANS LE MONDE.
Nous avons évoqué dans notre numéro précédent les formes de résistance non violentes choisies par Gandhi et Martin Luther King. Ces méthodes non violentes conviennent peut-être bien au tempérament malgache, puisqu’elles ont été adoptées et utilisées avec succès en 1991 et en 2002. Le changement de donne, avec l’utilisation systématique de la force militaire contre les civils, amène toutefois aujourd’hui à réfléchir à d’autres formes possibles de résistance.
C’est pourquoi nous présentons ci-dessous en encadré « Le chant des partisans », comme nous l’avions fait pour les chants entonnés par les combattants pour les droits civiques aux Etats-Unis, dans notre numéro 104. Nous n’avons pas la prétention de préconiser telle ou telle forme de résistance. Nous voulons simplement contribuer à la facilitation de la réflexion, par le partage d’information.
« Début 1943 [à Londres]sur le coin d'une table l' écrivain Journaliste Joseph Kessel et son neveu Maurice Druon rédigent les paroles d'une chanson, d'un hymne.
Sifflé comme indicatif de l'émission de la B.B.C. « Honneur et patrie ». puis comme signe de reconnaissance dans les maquis. Le chant des partisans va devenir un succès mondial. A l’examen du certificat d’études, il [fut] un des trois chants obligatoires avec La Marseillaise et le chant du départ. »
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne
Ohé, partisans, ouvriers et paysans c'est l'alarme
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes...
Montez de la mine, descendez des collines, camarades,
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades,
Ohé, les tueurs, à vos armes et vos couteaux, tirez vite,
Ohé, saboteurs, attention à ton fardeau, dynamite..
C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère
II y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves
Ici, nous, vois-tu, nous on marche, nous on tue ou on crève.
Ici, chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe
Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place,
Demain du sang noir séchera au grand soleil sur nos routes
Chantez, compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute...
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne
Ami, entends-tu le vol noir du corbeau sur la plaine
Ce ne sont pas des terroristes, bien qu’ils furent qualifiés comme tels par les occupants de leur pays, mais deux intellectuels patriotes qui rédigèrent cet appel à la résistance violente en France occupée en 1943. Le chant des partisans demeure aujourd’hui cher au cœur des Français. Il a notamment été chanté sur les Champs Elysées en 2006 lors du défilé du 14 juillet.
NOS ENNEMIS SONT NOMBREUX, CERTAINS D’ENTRE EUX TROP PUISSANTS POUR QUE NOUS LES AFFRONTIONS POUR LE MOMENT DIRECTEMENT.
Mais il existe mille et une façons de manifester concrètement notre opposition à ces dirigeants indignes que nous n’avons pas choisis, de manifester notre opposition à ces étrangers qui veulent nous asservir durablement, en nous ôtant toute possibilité de redressement économique.
Dans notre numéro 104 nous rappelions les luttes héroïques et non violentes de Gandhi et de Martin King. Elles demeurent pour nous aujourd’hui des sources d’inspiration. Mais si l’organisation de grandes marches de la liberté telles qu’ils les ont menées n’est pas encore possible, ce n’est pas une raison pour rester inactifs.
Nous pouvons déjà lancer des mots d’ordre pour une action de résistance qui peut être menée sans rassemblement : le boycott de tout ce qui vient de certains pays qui figurent parmi nos oppresseurs par exemple.
NOTRE PREMIERE CIBLE DEVRAIT ETRE LES INTERETS MAURICIENS.
Pourquoi ? Parce que l’appétit et l’arrogance de cette petite île ne connaissent plus de bornes depuis le départ forcé du président Ravalomanana, départ qu’elle a certainement accueilli avec soulagement vu l’ambition proclamée de Marc Ravalomanana de faire de Madagascar le dragon de notre région.
Parce que depuis le coup d’Etat de mars 2009, elle accomplit avec zèle toutes les basses oeuvres en faveur des putschistes dont la France la charge au sein de l’OIF et de la COI.
Parce que, si l’on prend du recul, on s’aperçoit que l’affaiblissement de Madagascar a été depuis toujours un objectif constant de la politique mauricienne qui a tout à perdre d’un développement de Madagascar, notamment dans le domaine du tourisme, ou de l’industrie textile. D’où l’implication active du gouvernement mauricien dans l’affaire BNI qui permettrait à une banque mauricienne de second ordre d’avoir la haute main sur le financement des entreprises à Madagascar, en s’alliant à un groupe dirigé par des Karana mafieux particulièrement malfaisants, qui n’ont jamais fait preuve du moindre attachement pour Madagascar, mais qui s’y comportent comme des vampires.
Parce que tout comme l’Italie de la première moitié du 20ème siècle avait été surnommée « la putain de l’Europe », parce qu’elle trahissait à tour de rôle tous ses alliés, l’Ile Maurice est devenue « la putain de l’Océan Indien » trahissant tout le monde ; les Chagossiens en aidant les Britanniques à leur déportation, les Noirs Sud-Africains à l’époque de l’apartheid en contournant le boycott, les Malgaches hier comme aujourd’hui. Ile Maurice prête à tout, y compris à se prostituer auprès de Londres ou de Paris, pour Tromelin et l’accès aux ressources pétrolières de la région du sud-ouest de l’Océan Indien.
Enfin, parce que tactiquement, il nous est tout à fait possible de porter dès maintenant atteinte aux intérêts mauriciens.
COMMENT ?
Répandons par internet et par SMS tous les méfaits mauriciens contre le peuple malgache. Ils sont nombreux. Etablissons une liste des produits importés de Maurice, dont beaucoup d’ailleurs sont faussement labélisés mauriciens, alors qu’ils sont produits ailleurs avant d’être exportés sous le label de l’Ile Maurice. Lançons ensuite le mot d’ordre : boycottons tout ce qui est mauricien !
Pour les jeunes qui n’ont pas connu cette époque, rappelons que les produits et investissements sud-africains avaient fait l’objet d’un boycott international qui fut largement suivi dans le monde et à Madagascar, (mais pas à Maurice) en protestation contre le régime de l’apartheid.
Rappelons également le boycott contre les produits britanniques, notamment textiles, initié par Gandhi.
Ce boycott amena les habitants de l’Inde à produire eux-mêmes les tissus dont ils avaient besoin et influença la politique anglaise par son impact sur les entreprises britanniques.
Dans une économie globalisée, le boycott par les consommateurs malgaches, dont le pouvoir d’achat est de surcroît limité, ne mettra peut-être pas les entreprises mauriciennes sur les genoux. Mais ce sera un acte de résistance qui en entraînera d’autres. Faisons en sorte que l’ambassadeur de Maurice et les opérateurs économiques mauriciens perdent de leur arrogance et ne se sentent pas en pays conquis à Madagascar.
ET QUID DES AUTRES PAYS, DIREZ-VOUS ?
Soyons imaginatifs. Si des actions publiques ne sont pas encore réalisables, qu’est-ce qui nous empêche d’agir au sein de nos familles, au sein de notre quartier, au sein de nos associations, en diffusant des informations, en sensibilisant sur la portée de telle ou telle politique menée par ces pays, en démystifiant les mensonges distillés par leurs médias? Ce sont là des actes de résistance importants, assimilable au labour des rizières afin de les préparer à recevoir les nouveaux plants de riz, qui à leur tour donneront la récolte.
C’est un travail de fourmi qui demande patience et abnégation. L’équipe de Madagascar Résistance s’efforce de contribuer à ce travail à travers notamment cette Lettre d’information. C’est de cette manière que nous empêcherons nos adversaires, aujourd’hui plus forts militairement et financièrement, de remporter la victoire finale.
POUR MIEUX RESISTER, NOUS DEVONS AUSSI OPERER UN TRAVAIL SUR NOUS MEME.
Comme la prière, la résistance peut s’exprimer dans chacun de nos gestes et chacune de nos activités quotidiennes: pensez-vous en malgache ? Non ? Décolonisez votre esprit par un effort quotidien.
La colonisation de l’esprit est plus insidieuse, plus perfide, car elle n’est pas toujours ressentie par la victime. C’est pourquoi nous devons faire un effort systématique et quotidien pour sortir du schéma mental et des modèles imposés depuis plus d’un siècle par le colonisateur. Nous serons soutenus dans ce combat par une immersion dans notre langue et dans notre histoire, et par la recherche de nos propres « héros ».
Ecrivez-vous le malgache ? Non ? Il va falloir vous y mettre. Ne grossissez pas les rangs de ces « intellectuels » ou de ces « techniciens » vivant et travaillant à Madagascar, qui sont incapables de rédiger leur travail dans leur langue maternelle, et qui de plus, au lieu d’en être gênés, s’enorgueilliraient presque de cette incapacité.
Vos enfants parlent-ils malgache en famille ? Non ? Obtenez qu’ils le fassent. Ne grossissez pas les rangs de ces familles inconscientes de l’image grotesque qu’elles donnent, qui singent les étrangers au point de ne plus parler leur langue maternelle, même dans l’intimité du foyer, alors qu’elles vivent dans leur pays.
Connaissez-vous la biographie d’au moins une personnalité marquante de Madagascar ? Non ? Lisez la vie de Rainandriamampandry, ou de Rakoto-Ratsimamanga, ou de Raseta, ou de Ravoahangy, ou d’Andrianampoinimerina, ou de nombreux autres illustres compatriotes.
L’esprit de résistance doit nous habiter, l’esprit de résistance doit imprégner chacune de nos pensées et chacune de nos actions.
Si nous parvenons à cela, nous trouverons tôt ou tard les parades contre les forces brutales qui nous oppriment.
Et prenons soin d’en parler à nos enfants afin qu’ils comprennent et partagent notre combat.
Car ce que nous n’aurons peut-être pas la chance de pouvoir accomplir de notre vivant, ils devront le faire pour la terre de leurs ancêtres.
Résistons ! Résistons encore ! Résistons toujours !
Flash info urgent !
La gouvernance à Madagascar connaît la régression la plus importante du continent africain
L’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique 2013 révèle que Madagascar a connu la régression la plus importante du continent, passant de la 9e place en 2000 à la 37e place en 2012, et enregistrant un déclin particulièrement important dans la catégorie Participation et droits de l’homme.
L’IIAG 2013 évalue la performance de chaque pays dans quatre catégories de gouvernance : Sécurité et souveraineté du droit, Participation et droits de l’homme, Développement économique durable et Développement humain.
L’IIAG 2013 montre que 94 % de la population du continent africain vit dans un pays où le niveau global de gouvernance s’est amélioré depuis 2000
Les Inconditionnels de Madagascar,
À l’Ile de la Réunion


