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Trafic international de stupéfiants : un fugitif arrêté à Mayotte

En fuite sur l'île aux parfums, Ellie D. a été rattrapé par les autorités françaises suite à la délivrance d'un mandat d'arrêt européen émis à son encontre par les Belges dans le cadre d'un trafic international de stupéfiants. L'homme est soupçonné d'avoir transporté une centaine de kilos de cannabis en go fast.
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 11 août 2021 à 11H27

En mai 2021, un réseau de trafiquants de cannabis était démantelé dans plusieurs villes de Belgique, dont Namur. Neuf perquisitions avaient permis l’arrestation de cinq personnes "dans le cadre d’une probable organisation criminelle très active dans le trafic international de cannabis", avait communiqué le parquet belge.

L’organisation faisait usage d’un véhicule volé et de différents garages. Plusieurs individus avaient été identifiés, et leur rôle probable dans l’organisation avait pu être déterminé. Cinq d’entre eux avaient fait l’objet d’un mandat d’arrêt, dont Ellie D., installé à Mayotte depuis le coup de filet.

Mandat d'arrêt européen

Arrêté le 6 août dernier à son domicile de Dzaoudzi, le trentenaire a comparu ce mardi devant les magistrats de la chambre de l'instruction appelés à statuer sur son éventuelle remise aux autorités judiciaires belges. L'homme placé sous contrôle judiciaire par le procureur de Mayotte avait fait le déplacement et préparé sa valise au cas où l'audience se terminerait par son placement en détention provisoire, en attendant son rapatriement.

Interrogé sur sa position sur le sujet, Ellie D., soupçonné d'avoir participé à l'organisation du trafic où plus de 110 kilos de résine de cannabis et 3 kilos de fleurs de cannabis avaient été saisis, s'est opposé à sa remise aux autorités. Son avocat s'est employé à démonter la validité de la procédure et a invoqué le principe "du respect de la vie privée" à l'appui du choix de son client.

"Ce sont les juges d'instruction en charge de cette affaire qui ont délivré ce mandat pour entendre mon client. Il suffirait d'une simple convocation pour qu'il se rende en Belgique", a plaidé Me Morgan Pouly.

"Ce n'est pas un fugitif"

Des arguments largement balayés par le parquet général pour qui le mis en cause "avait fait le choix de fuir dans plusieurs villes métropolitaines avant d'atteindre La Réunion puis Mayotte pour échapper au coup de filet". L'avocate générale a évoqué le fond du dossier et les suspicions des juges belges quant à la participation d'Ellie D. au trafic : allers-retours en France en go fast (méthode utilisée par les trafiquants pour le transport des stupéfiants, qui consiste à rouler à très grande vitesse) et opérations de blanchiment.

En défense, le conseil du suspect a rappelé que son client "n'était pas un fugitif" et qu'il avait quitté la Belgique avant la vague d'interpellation pour effectuer un contrat au Burkina Faso avant de rejoindre son épouse mahoraise sur l'île aux parfums. "Le recours à la prison et à la coercition sont disproportionnés", a conclu le conseil.

Ellie D. encourt plus de 3 ans de prison si son implication est prouvée. Sa remise aux autorités belges et son placement derrière les barreaux ont été requis par le ministère public.

Les magistrats réunionnais rendront leur décision le 24 août.

 

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