"Ti Angélo" a perdu sa Marguerite

"Ti Angélo" a perdu sa Marguerite
"Mais koça qu’l’arrive Angélo ?/ Voilà qu’son cœur batte dans son dos/ (…) Marguerite lé là-bas dans son coin/Lu la po garde à toué en coin/ Lu la sourit alors toué la dis oui"
Mais Marguerite n’est plus et Ti Angélo se désespère.
"Ti Angélo" est un de nos plus beaux ségas. Peu le savent, la trame en a été fournie par Loulou Pitou à Luc Donat, qui en a fait le chef-d’œuvre que l’on sait, avec la collaboration du génial Pierrot Vidot.
L’âme d’une femme, Marguerite, habite cette chanson. Et cette Marguerite, elle existait vraiment. Ce prénom n’est pas entré par hasard dans la chanson de notre barbu "tzigano-ségato-violoniste".
Marguerite, femme admirable, qui vient de nous quitter, compagne de toute une vie de Luc Donat, maman de notre chaleureux ami Patrick. Elle s’en est allée ce lundi 16 mars, aussi discrètement qu’elle a accompagné les pas zigzagants de son médiatique et talentueux époux.
Peu d’artistes de la plume ou de l’archet ont su célébrer leur muse. Aragon chanta Elsa par la grâce de ses yeux. Elvis s’inclina devant Priscilla qui serait toujours "Always in my mind". Ti Fock a dit tout son amour à Aniel. Pierrot Vidot a craqué car "Toué lé (trop) jolie" mais je ne vous dirai pas à qui il l’a avoué ! La "Lettre à Elise" se passe de commentaire, autant qu’"Anelise" ou "Song for Leïla".
Luc, à l’intention de sa Marguerite, a conjugué un amour infini en quelques phrases soulignées par une mélodie qui laisse pantelant. Fallait-il qu’elle fût hors du commun, la maman de Patrick…
Un grand artiste l’a dit récemment :
"Les épouses d’artistes à succès doivent être animées d’un amour infini et d’une patience à toute épreuve, car les tentations sont si nombreuses…"
Alors je vais saluer l’amour et la patience ayant animé Marguerite, épouse émérite, maman exemplaire, muse hors concours pour notre plus grand plaisir à tous.
Luc nous regarde d’en-haut ; Marguerite vient à peine de s’envoler pour le rejoindre ; nos cœurs jouent relâche ; mais Ti Angélo, lui, ne risque pas de nous quitter.
Salut Marguerite ; salut Luc ; très grosses affections à toi Patrick et à tous ceux qui sont chers à ton âme généreuse.
Jules Bénard


