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Suite à un accrochage, il défonce une voiture à coups de barre de fer et de galets

Deux jeunes femmes et une enfant de 6 ans ont vécu un enfer le 2 janvier dernier à Saint-Benoit. Alors que leur véhicule est percuté par un scooter, ce banal accident de la circulation tourne au cauchemar. Elles vont subir une tentative d'extorsion de fonds, des menaces de mort et assister à la destruction de leur véhicule.
Ecrit par Régis Labrousse – le lundi 5 février 2024 à 10H25

Un simple clignotant serait à l'origine d'un déchainement de violence le 2 janvier dernier à Saint-Benoit. Alors qu'elles circulent tranquillement et s'apprêtent à tourner à gauche, une conductrice et sa passagère voient leur véhicule percuté par un scooter. À bord, les deux jeunes femmes se trouvent avec une enfant de 6 ans. Inquiète, la conductrice s'enquiert immédiatement de la santé de Sael A., 19 ans, le scootériste, et lui propose d'appeler les pompiers. Furieux, le jeune homme se relève et réclame immédiatement un remboursement pour le préjudice subi à hauteur de 60 euros. La conductrice refuse catégoriquement et, face à son insistance, lui laisse le choix : soit ils font un constat à l'amiable, soit elle appelle les gendarmes ! Le scootériste ne veut rien entendre, il veut un "arrangement". Il leur demande d'attendre, part et va cacher son scooter. Il revient accompagné de son frère et encore plus énervé. Apparemment le scooter n'est pas assuré et faussement plaqué. Il sera revendu dès le lendemain. 

Il fait exploser les vitres, le pare-brise et le toit du véhicule

Cette fois, c'est Adrachi A., 21 ans et frère de Sael, qui insiste pour trouver un "arrangement". Comprenez, donner de l'argent ou ça va mal finir. La conductrice refuse à nouveau de céder. Adrachi A. lance à son frère de défoncer la voiture. Sael A. se munit alors d'une barre de fer et d'un galet. Il fait exploser les vitres, le pare-brise et le toit du véhicule sous les yeux sidérés des jeunes femmes effrayées qui appellent les forces de l'ordre. Avant de prendre la fuite, ils menacent les jeunes femmes et les filment sans leur consentement, menaçant de diffuser dans tout Bras Fusil où elles ne pourront plus entrer. Ils seront interpellés un mois plus tard et jugés ce vendredi 2 février dans le cadre de la comparution immédiate.

À la barre, ce n'est plus le même comportement. Ils ont une attitude penaude et répètent en boucle qu'ils voulaient juste "un arrangement". S'ils reconnaissent les faits en partie, ils sont loin de se remettre en question : " Elle a préféré se faire justice elle-même en appelant les gendarmes", s'expliquent les deux frères. Si Adrachi A. est inconnu de la justice, ce n'est pas le cas de son frère dont le casier fait état d'une mention pour des violences aggravées au tribunal pour enfant. Pas de chance pour lui, l'assesseure du président est la magistrate qui avait jugé son affaire alors qu'il était mineur. À ce titre, elle lui assène, "Je vous avais bien dit que votre première obligation était de ne pas comettre de nouvelles infractions. Bras Fusil c'est le "Far West" et vous êtes les deux chérifs", demande la magistrate. 

"On est en pleine terreur et en pleine justice primaire"

Me Mardaye, avocate des parties civiles, insiste sur le traumatisme toujours très présent chez les victimes. "La fillette ne dort plus et est régulièrement en pleurs, alors que la jeune femme est sous médicaments et souffre d'un stress post-traumatique. Elle ne peut plus aller travailler tant elle a peur", explique la robe noire. "On est en pleine terreur et en pleine justice primaire", dénonce le procureur. "Ce sont des infractions extrêmement graves. La voiture est détruite devant les yeux de ces jeunes femmes qui se demandent si leur tour viendra après", affirme le parquet qui requiert 12 mois de prison avec sursis probatoire pour Adrachi A., qui n'a pas de casier, et 18 mois de prison ferme pour Sael A. sans demander de mandat de dépôt. 

"Il n'a pas eu le même rôle que son frère, il n'a pas commis de violences. Tout ce qu'il voulait, c'était un arrangement. Ce que l'on sait, c'est qu'il a demandé à son frère de casser la voiture et il sera condamné pour cela", défend son avocat. "Comment a-t-on pu en arriver là", s'exclame la défense de Sael A. "Ils habitent dans des quartiers délaissés sous les yeux déresponsabilisés de toutes les institutions. Il n'a fait que déverser sa rage même si bien sûr, il est responsable. Je vous demande de l'indulgence", plaide la défense. Le tribunal, après en avoir délibéré, condamne les deux frères. Adrachi A. écope de 12 mois de prison avec sursis simple et Sael A. écope de 24 mois de prison assortis d'un mandat de dépôt et voit 6 mois du sursis précédant révoqués. 

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