Stupéfiants : 20 euros, un aspirateur et beaucoup d’ennuis pour un Saint-Leusien

Jeudi dernier, la poste de Piton Saint-Leu a été le théâtre d'une scène inhabituelle. Les gendarmes ont interpellé un client venu récupérer un colis un peu particulier : un aspirateur d'occasion d'une valeur de 20 euros qui a coûté 65 euros de frais de transport. En effet, l'appareil envoyé depuis l'Hexagone avait un autre intérêt bien particulier : il contenait pas moins de 103 g de résine de cannabis, 100 cachets d'ecstasy et 1 g de cocaïne, le tout pour une valeur douanière de 2 180 euros.
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Et si le nom de la personne censée réceptionner le colis n'est pas le bon, l'identité de celui qui souhaite récupérer les produits stupéfiants ne fait aucun doute. Depuis plusieurs jours, Antoine passait tous les jours prendre des nouvelles concernant ce colis. Les données informatiques révèlent qu'il a consulté plus de 60 fois le suivi du colis depuis l'ordinateur du lieu où il vit.
Une prise de risque pour 20 euros
Face aux juges, l'homme de 30 ans va jurer qu'il n'est pas à l'origine de ce trafic. Il affirme que c'est quelqu'un qu'il connaît à peine, mais avec qui il fait du sport, qui lui a demandé ce service contre 20 euros et un peu de cannabis. Une version à laquelle les magistrats ont du mal à croire, puisqu'il a déjà été condamné pour des affaires liées aux stupéfiants et qu'il serait simplement "stupide de prendre à nouveau le risque pour gagner 20 euros". Surtout que la drogue a été envoyée depuis Lyon, là où il a déjà vécu.
"Il ne faut pas prendre le tribunal pour des perdreaux", s'emporte le procureur qui demande une requalification des faits en complicité d'importation de stupéfiants. Il requiert une peine de 24 mois de prison ferme avec maintien en détention.
Pour sa défense, Me Youssef Ben Slamia va surtout mettre en avant le côté "pied-nickelé" de son client qui a eu tort de faire confiance à quelqu'un. "Il n'a pas commis l'irréparable, on est sur de la tentative. Il y a d'autres solutions que la détention", argue la robe noire.
Le tribunal va bien requalifier les faits en complicité d'importation et le condamner à une peine de 12 mois de prison.


