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St-Louis : Une trentenaire soupçonnée d’avoir immolé son conjoint

Séverine M. a été mise en examen début décembre pour tentative de meurtre sur son compagnon grièvement brulé. Elle conteste les faits et affirme qu'il s'agit d'un accident domestique lors d'une dispute alcoolisée entre son conjoint et le père de celui-ci à proximité du barbecue. Son placement en détention provisoire est contesté par son conseil.

Ecrit par Isabelle Serre – le mercredi 20 décembre 2023 à 10H01

Le 24 novembre dernier, Patrick O., un habitant du chemin Ligne Chevalier à la Rivière Saint-Louis, a lui-même appelé les secours alors qu’il venait d’être grièvement brulé. Placé en coma artificiel, le corps atteint à 25%, le malheureux lutte encore pour la vie. Il aurait été aspergé d’essence dans la soirée en présence de son père et de ses enfants. Rapidement, l’attention des enquêteurs s’est portée sur sa compagne, Séverine M, 33 ans. Celle-ci se serait trouvée sur les lieux au moment des faits mais ne serait pas restée sur place après le drame.

Ce mardi, la trentenaire en larmes tout au long de l’audience au cours de laquelle elle faisait appel de son placement en détention provisoire devant la chambre de l’instruction, a affirmé par la voix ce son conseil qu’elle n’était pas coupable. Pourtant, des messages entre les deux protagonistes tendraient à prouver le contraire. « J’ai commis une grave erreur », aurait écrit la mise en cause qui échangerait par texto avec le blessé. « Excuse a mwin, mi aime aou malgré tout », est un autre texte mis en avant par le juge des libertés et de la détention pour rendre sa décision d’incarcération pour les suites des investigations.

Selon son conseil, Me Youssef Ben Slamia, sa cliente est innocente. Plutôt qu’une dispute au sein d’un couple où les relations conjugales étaient « tumultueuses » selon le parquet général, la robe noire plaide pour un accident domestique. Le père et le fils « ivres mort » auraient commis « une maladresse, une imprudence en se battant » tout près du barbecue qui était allumé. Le conseil a décrit la victime comme un « bon à rien qui ne fait rien de sa vie » et a annoncé que Séverine M. avait l’intention de le quitter. Un argument qui laisse tout de même planer un doute lorsque l’on connait les multiples scénarii des crimes conjugaux.

Persuadée de la culpabilité de l’intéressée, la représentante de la société a fustigé « des violences conjugales avérées » qui ne justifient pas que l’on transforme son conjoint en « torche vivante ». Elle s’est opposée à un placement sous contrôle judiciaire.

La cour s’est donnée jusqu’à ce jeudi après-midi pour en décider.

 

 

 

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