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St-Louis : Il tire au fusil à plomb sur un chaton, menace une famille et insulte les gendarmes

Un quinquagénaire a été condamné par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour avoir tiré au fusil à plomb sur un chaton et avoir tiré en pleine nuit pour effrayer ses voisins, sans oublier d'insulter les gendarmes au passage. Si les causes de cet accès de colère peuvent être compréhensibles, l'attitude du prévenu lui a été préjudiciable.
Ecrit par G.D. – le mercredi 6 décembre 2023 à 11H12

Il arrive parfois que des prévenus parviennent à s'attirer la sympathie des juges. Et puis il y a Steven* qui a réussi à faire l'unanimité contre lui. L'attitude du Saint-Louisien a considérablement amoindri les chances de se faire comprendre par les magistrats. Hautain, colérique et impulsif, son comportement au tribunal hier n'a pas permis de rendre audible son désarroi.

Et pourtant, la raison à l'origine des faits peut être compréhensible. Éleveur de coqs de combat, il voyait les sept chats de ses nouveaux voisins venir tuer son élevage. De quoi faire monter la tension entre les deux familles. Le 19 mars dernier, il va tirer avec une carabine à plomb sur un chaton, traumatisant les enfants de ses voisins au passage.

Quelques jours plus tard, il va de nouveau sortir le fusil en pleine nuit pour tirer en l'air. Les gendarmes vont le convoquer à la caserne. Personne ne lui ouvre et il rentre chez lui. Rappelé quelques minutes plus tard par un militaire, il va copieusement l'insulter au téléphone. Interpellé, il refusera de se soumettre au test d'alcoolémie. Il se permettra même d'ordonner aux gendarmes de lui donner du feu pour fumer.

"Si on n'aime pas les coqs, on va vivre en ville"

N'hésitant pas à accuser ses anciens voisins d'être des escrocs "spécialisés dans la comédie", il affirme avoir tiré sur le chaton "juste pour lui faire un bleu". Lorsque le procureur va lui demander si ses coqs ne dérangent pas également le voisinage, il va répondre que "si on n'aime pas les coqs, on va vivre en ville."

"Merci pour cette réponse qui est très éclairante sur votre personnalité. Quand on vous voit aujourd'hui à jeun, on peut imaginer comment vous étiez lors de votre interpellation. Vos besoins, vos désirs, passent avant ceux des autres. Vous êtes autocentré et votre comportement le démontre. Vous êtes convaincu de votre bon droit", argue le procureur qui requiert une peine d'un an de prison avec sursis. Le parquetier demande également l'interdiction de détenir une arme de catégorie C pendant cinq ans, car "vous n'avez pas la stabilité émotionnelle pour ça."

Pour défendre son client, Me Anne-Sophie Malaboeuf va contester les accusations de violences avec armes sur la famille. "Les victimes sont dans la maison et entendent une détonation. Ils n'ont pas vu l'arme ni mon client. Comment entendre une détonation depuis son salon constitue des violences ? Sinon, tous les voisins sont également victimes. Je demande donc la relaxe sur ce chef d'inculpation", plaide-t-elle.

Une demande entendue par les juges qui le relaxent sur les faits de violences avec arme. Pour le reste, il est reconnu coupable et condamné à six mois de prison avec sursis et l'interdiction de détenir une arme pendant cinq ans. Il a également l'obligation de verser 500 euros de dédommagement aux 5 membres de la famille, ainsi que 300 euros au gendarme insulté. Des dédommagements qu'il a déjà annoncé refuser de payer.

*Prénom d'emprunt

 

 

 

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