St-André: "Rafiki", délinquant notoire, mais cette fois-ci, il n'a rien fait

Bonnie and Clyde se trouvaient devant le tribunal correctionnel de Champ Fleuri ce vendredi. Lui, Rafiki Amidou, est connu à Saint-André pour ses nombreux délits; elle, son épouse, sera bientôt jugée pour avoir participé à des cambriolages. Mais alors que le mari était jugé en comparution immédiate ce vendredi, le couple était tout sauf complice.
Le 1er septembre dernier, Rafiki Amidou est aperçu en train d’escalader un mur à Sainte-Suzanne. Une tentative de vol, semblerait-il. Son épouse est interpellée au volant de sa voiture, à proximité. Elle avoue d’abord aux forces de l’ordre qu’il s’agissait bien d’un cambriolage et qu’elle a agi sous la pression de son mari. Mais la fiabilité de ses déclarations est douteuse : elle revient sur ses déclarations avant d’affirmer qu’elle subit des violences. Voilà donc que son mari est également poursuivi pour violences. "Vous racontez n’importe quoi, lui reproche le président d’audience. Comment voulez-vous qu’on vous croit ?" En effet, sa version est confuse et décousue. "Quelles violences ? demande-t-il. Quelques claques", répond-elle, peu convaincante.
En couple depuis qu’ils sont âgés respectivement de 13 et 16 ans, la fidélité n’est aujourd’hui pas évidente. "Elle m’en veut de la tromper", avoue-t-il.
Un casier judiciaire chargé, ce n'est pas une preuve
La vengeance d’une femme jalouse ? C’est possible. Mais une fois de plus, les 19 mentions sur son casier judiciaire ne jouent pas en la faveur du prévenu. Vol, recel, vente de stupéfiants, menaces, conduite sous l’empire d'un état alcoolique et sans permis, refus d’obtempérer… Il se trouvait d’ailleurs sous contrôle judiciaire au moment des faits, et attendait son procès, soupçonné de violation de domicile. Un contrôle judiciaire violé car, selon lui, il escaladait un mûr pour récupérer une pièce de voiture laissé chez quelqu’un…
Peut-être une maladresse plutôt qu’une tentative de vol : "Je ne comprends pas pourquoi je suis là", répète-t-il. Et concernant les violences : "Je ne frappe pas, je ne suis pas comme ça".
Le manque de preuves à son encontre ainsi que l’épouse peu crédible et loin d’être irréprochable ont fini par entraîner sa relaxe.


