Soupçon de malversations à l'Etang Salé: Un ancien conseiller municipal témoigne à la gendarmerie

En juillet dernier, la chambre régionale des comptes a publié un rapport sur la mairie de l'Etang Salé, rapport accablant s'il en est. Une affaire en particulier pose problème, celle de "Vent Ilet", un terrain communal de 4856 m2, situé en plein centre-ville.
L'affaire débute en 2015, lorsque la commune fait évaluer le terrain par les Domaines, qui fixe le prix de 1 463 000 € en juin 2015. En 2016, l'entreprise OCIDIM dépose une demande de permis de construire sur ce terrain, pour un projet de construction de 6 bâtiments, contenant logements, bureaux et commerces. Début 2017, la commune accorde le permis de construire et signe une promesse de vente avec OCIDIM pour 1 525 733 €.
En août 2017, le maire Jean-Claude Lacouture négocie directement avec OCIDIM, sans passer par la société chargée de la commercialisation, l'achat des 734 m2 de bureaux prévus dans le projet, pour la somme de 1 785 000 €, afin de reloger des services municipaux. Il est précisé que les bureaux seront livrés bruts, les travaux de finition étant à la charge de la mairie. La mairie estime les coûts d'aménagement à 1,3 million d'euros, soit quasiment le même coût que celui de l'acquisition, et sans qu'ils ne figurent dans les délibérations de la mairie.
L'opération n'a fait l'objet ni d'un appel d'offre, ni d'un appel à projet, et la chambre régionale des comptes estime dans son rapport que l'opération est clairement favorable à OCIDIM, jusque dans les conditions de vente. De plus, 54 logements ont été achetés par la SEMADER, dont le président n'est autre que Jean-Claude Lacouture, relève la chambre des comptes.
L'affaire est suffisamment opaque pour que la justice s'y intéresse de près, elle devra vérifier qu'il n'y a pas de trafic d'influence, favoritisme ou prise illégale d'intérêts. Par ailleurs, l'un des proches du maire, Jean-Marie Calpétard, propriétaire d'engins de chantier utilisés par OCIDIM, notamment, sera entendu très prochainement à la caserne Vérines, la section de recherches a récemment saisi des documents à la mairie. Alain Payet, quant à lui, est entendu en qualité de témoin à la gendarmerie de Saint-Louis, car il avait refusé de voter en faveur de l'opération, alors qu'il était conseiller municipal d'opposition.


