Serge Hoareau dégaine son pistolet à Eau

Le 20 décembre 2014, le maire de Petite-Ile, candidat aux élections départementales non déclaré édicte un arrêté municipal 448/2014 interdisant la consommation d'alcool sur la voie publique. Ce règlement repris dans les médias à la veille des élections départementales est un véritable Pistolet à Eau, un coup de bluff, de la poudre aux yeux qui a pour seul but de lui redonner un peu de capital sympathie auprès d'un électorat dupé et trompé par son jeu d'alliance avec Saint-Pierre et un bilan municipal en berne.
Je tiens tout d'abord à rappeler que les outils législatifs et réglementaires en matière de lutte contre l'alcoolisme sur le voie publique ainsi que le trouble causé dans le voisinage existe déjà, il s'agit de l'Ivresse Publique et Manifeste (IPM) prévue par l'article L. 3341-1 du code de la santé publique:
"Une personne trouvée en état d'ivresse dans les rues, chemins, places, cafés, cabarets ou autres lieux publics, est, par mesure de police, conduite à ses frais au poste le plus voisin ou dans une chambre de sûreté, pour y être retenue jusqu'à ce qu'elle ait recouvré la raison."
L'Ivresse Publique et Manifeste est une infraction prévue et réprimée par l'article R. 3353-1 du même code qui dispose :
"Le fait de se trouver en état d'ivresse manifeste dans les lieux mentionnés à l'article L. 3341-1 est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la 2e classe."
Il s'avère justement que la majeure partie des troubles causés proviennent d'un état d'ébriété et c'est pour cette raison que l'arrêté municipal pris par le maire est simplement superflu sachant qu'une infractions à un arrêté municipal relève seulement d'une contravention de 1ère classe, alors que l'Ivresse Publique et Manifeste est réprimée par une contravention de 2ème classe (une amende plus importante) avec une conduite en cellule de dégrisement!
Comme nous pouvons le constater, les éléments législatifs et réglementaires nationaux pour lutter contre l'ivresse sur la voie publique existent déjà depuis de nombreuses années mais ne semble pas être appliqués réellement faute de moyens humains sur le terrain (policiers municipaux et gendarmes). Quand nous ne sommes pas capables de faire respecter cette loi et ces règlements nationaux, nous sommes en droit de nous interroger sur la mise en application d'un simple arrêté municipal. Cet état de fait ne changera pas les choses si nous ne renforçons pas les effectifs de force de l'ordre pour veiller au respect des lois et règlements en vigueurs.
A ce sujet, la commune de Petite-Ile n'a pas les moyens financiers nécessaires pour renforcer de manière significative les effectifs de sa police municipale. C'est pour cela que depuis le mois de Juin 2014, je suis le seul élu municipal et communautaire à réclamer (lors des conseils communautaires et par courrier) la création d'une Police Intercommunale financée par la CIVIS, afin de veiller au respect d'un bon ordre et la sureté publique sur le territoire de intercommunalité dont Petite-ile.
A ce jour, ma requête est restée sans suite auprès de Monsieur le Président, et de sa majorité à la CIVIS dont Monsieur SERGE HOAREAU est Vice-Président !
Face à ce manque de moyens, nous constatons que l’arrêté pris par monsieur le Maire n'est qu'un leurre, un tour d'illusionniste qui n'apporte aucune solution à ce problème !
L'ivresse sur la voie publique, mais plus globalement l'alcoolisme qui touche de plus en plus de jeunes sur notre commune, doit être traité avec beaucoup de sérieux par, certes, des mesures répressives, mais également par des mesures préventives en se donnant les moyens nécessaires pour agir efficacement!
Nous devons pour cela aller à la source du problème, se poser les bonnes questions et proposer des alternatives, de véritables solutions afin d'agir contre ce fléau et non réagir de manière impulsive à la veille d'une élection départementale qui a pour seul but d'améliorer une cote de popularité !
Fabrice Lebon
Conseiller Municipal de Petite-Ile
Conseiller communautaire de la CIVIS


