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Selon l'Observatoire Marin, le "comportement des surfeurs" doit changer

Il fallait s'y attendre, le fait que Victorin Lurel aurait abondé dans le sens des acteurs favorables aux prélèvements de requins ne fait pas que des heureux. C'est le cas de l'Observatoire Marin de la Réunion, qui insiste encore sur l'importance de la responsabilité "humaine" dans la survenue de ces attaques.
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 1 août 2012 à 16H25

La déception se lit dans les propos de Mickaël Rard, président de l'Observatoire Marin de la Réunion. Quelques heures après que, selon Thierry Robert, le ministre de l'Outre-mer, Victorin Lurel, s'apprête à donner un feu vert ministériel à la chasse aux requins dans la réserve marine (dont les conditions seront précisées dans quelques jours), il nous livre ses premières impressions.

"Pour nous, ce n'est pas le milieu marin qui est en cause. Il n'y a pas plus de requins qu'avant, il n'y a pas plus d'attaques que depuis 30 ans. Par contre, c'est le comportement des surfeurs qui est en cause. On connaît les conditions dans lesquelles la survenue d'attaques est plus probable", dit-il. "Sept attaques sur dix ont lieu après 16h. Vous enlevez déjà ce facteur en ne pratiquant qu'à des heures raisonnables et vous éliminez 70% du problème", poursuit-il.

Remise en cause des choix stratégiques de CHARC

L'autre hypothèse que Mickaël Rard évoque est celle de la saisonnalité de la recrudescence des observations de squales. Il y a trois périodes majeures selon lui. La première c'est janvier : le mois le plus chaud. Ensuite mars-avril, c'est l'intersaison et le probable passage des thons à cette période. Enfin, de juillet à août, avec la présence des baleines.

Le spécialiste reste également échaudé par la manière dont le programme CHARC a été fondé: "Vous avez une association, Squal'idées, qui a été choisie alors qu'elle est portée par des médecins généralistes, qui certes ont fait un travail remarquable sur les requins, mais que sur l'aspect médical. Or, nous, nous avions depuis 2007 étudié les comportements des requins côtiers, leur nombre et je peux vous dire qu'il n'y en a pas plus qu'avant. On avait également réalisé des marquages de requins. Les marques que nous avions utilisées ont été refusées par la préfecture et l'IRD a préféré adopter ses propres marques. Les nôtres étaient éprouvées car aucun système n'existait sur le marché pour marquer des espèces à la peau aussi épaisse que le bouledogue. Je comprends que la Préfecture ait mis entre les mains de l'IRD le programme CHARC car l'IRD est un organisme public mais il n'était pas spécialisé dans les requins."

Facteur humain et comportemental donc. Mickaël Rard fait enfin un ultime reproche à l'égard du récent arrêté préfectoral interdisant le rejet de déchets de poissons par les pêcheurs. "L'arrêté oblige à ne pas pratiquer la pêche à la saumure à moins de 2 mile 5 nautique des côtes. Je peux vous dire que même à 3 mile des côtes, en cas de courants favorables, ces restes de poissons saumurés peuvent atteindre la côte en une heure voire une heure trente", conclut-il.

 

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