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Sécurisation des spots de surf à La Réunion : Leu Tropical Surf team perd contre l’État

Ecrit par T.L. – le jeudi 26 mars 2026 à 10H43

Le tribunal administratif a rejeté le référé précontractuel du club de surf saint-leusien, qui tentait de démontrer que la subvention versée par l’État à l’association Ressac pour la sécurisation des spots de surf s’apparenterait à un marché public déguisé.

En se déplaçant en personne le 10 mars dernier à la salle d’audience du tribunal administratif de La Réunion, Philippe Malizard, le sous-préfet de Saint-Paul, avait voulu défendre la probité de l’État, se déclarant « choqué » des accusations portées par le club Leu Tropical Surf Team à l’encontre du financement de l’association Ressac (Réseau d’éducation et de sauvetage pour la sécurité des activités côtières).

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Pour rappel, Ressac a repris depuis l’an dernier la mission de sécurisation de certains spots de surf dans l’île, à la suite de l’arrêt, décidé par l’État, des initiatives similaires lancées pour parer à la crise requin en 2015 par la Ligue réunionnaise de surf, puis à son tour en 2020 par le club de surf saint-leusien. Au passage, Ressac a aussi hérité de la manne des financements de l’État et de la Région (1,6 million d‘euros pour l’année 2026) dédiée au fonctionnement de l’activité, qui consiste à proposer des sessions de surf surveillées aux pratiquants détenteurs d’une licence.

Leu Tropical Surf Team s'est opposé trop tardivement

Pour le club Leu Tropical Surf Team, la prestation s’apparenterait à un marché public déguisé accordé à l’association Ressac sans la moindre publicité ni mise en concurrence. Dans une ordonnance en date du 24 mars, le juge des référés ne s’est pas prononcé sur le fond du dossier, rejetant simplement la requête au motif que le club de surf n’avait pas contesté au moment des faits, au début 2025, la reprise par Ressac de ses activités de sécurisation.

Extrait de l’ordonnance du 24 mars 2026 :

« En admettant que, comme le soutient l’association LTST, le contrat en cause, qui met en présence un acheteur public, à savoir le préfet de La Réunion, à l’initiative du dispositif de sécurisation à l’égard du risque requin, et un opérateur économique requis à cet effet, qui présente un caractère onéreux et synallagmatique et qui a clairement pour finalité de répondre à un besoin de l’Etat et d’exécuter une mission de service public, doive être requalifié sous l’angle d’un marché public régi par le code de la commande publique, l’association requérante, qui a accepté en début d’année 2025 de voir l’activité de sécurisation à laquelle elle participait depuis plusieurs années reprise par la nouvelle structure RESSAC, repreneuse de ses moyens humains et matériels en vertu d’un traité d’apport partiel d’actifs, et qui ne s’est pas manifestée en fin d’année 2025, alors qu’elle ne pouvait ignorer la persistance du besoin, pour participer à nouveau en 2026 au service de sécurisation mis en œuvre par l’Etat à l’égard du risque requin, ne peut, en tout état de cause, être regardée comme satisfaisant à la double condition de justifier d’un intérêt à conclure le contrat et d’être susceptible d’être lésée par le manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence. »

Le rejet du référé du Leu tropical Surf Team par le tribunal administratif de La Réunion ouvre désormais la voie à l’instruction du dossier sur le fond, avant une nouvelle audience d’ici quelques mois.

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