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Le coup de poker de Sébastien Lecornu

Ecrit par Baradi Siva – le jeudi 16 octobre 2025 à 10H00

Si le discours de politique générale de Sébastien Lecornu semblait avoir sauvé son gouvernement, avec l'assurance que le Parti socialiste et Les Républicains ne voteraient pas les motions de censure, son numéro de funambule devant le Sénat n'a pas convaincu. Le Premier ministre risque de perdre son fragile équilibre parlementaire et voir son gouvernement entier tomber ce jeudi.

Deux motions de censure seront examinées ce jeudi matin à l'Assemblée nationale. Si l'une d'entre elles est votée, le Premier ministre devra démissionner. Emmanuel Macron a affirmé qu'un nouveau rejet du gouvernement le pousserait à provoquer de nouvelles législatives anticipées.

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Des raisons d'espérer, des motifs d'inquiétude

Le discours de politique générale du Premier ministre a été bien reçu mardi après-midi. Le Parti socialiste qui menaçait de voter les motions de censure a priori s'est rétracté : les Socialistes ont obtenu la suspension de la réforme des retraites. Les Républicains ont été rassurés par les engagements de Sébastien Lecornu sur la baisse des dépenses. Les groupes PS et LR réunis dans la "plateforme de stabilité" pouvaient alors permettre au chef du gouvernement d'envisager plus sereinement son avenir.

Mais lors d'une nouvelle séance à l'Assemblée nationale, les questions au gouvernement, Sébastien Lecornu a apporté des précisions sur son plan qui pourraient remettre en question le soutien du PS. Il indique qu'il ne proposera pas la suspension de la réforme des retraites à travers une loi, mais via un simple amendement inscrit dans le budget. Le Premier ministre contraindrait alors les Socialistes à approuver sa feuille de route financière afin d'obtenir en contrepartie le recul du gouvernement sur les retraites.

Et c'est ensuite au Sénat que les choses se sont corsées. Cette chambre, dont les membres sont plutôt à droite et pour qui la dissolution n'est pas une menace, a vu Sébastien Lecornu adopter un discours plus proche de leurs intérêts. Il a notamment détaillé son projet de budget qui prévoit une hausse des impôts des retraités les plus aisés, mais aussi une plus forte contribution des Français aux services de santé.

Reste à voir, donc, si les Socialistes sont prêts à accepter ces mesures de droite pour en échange geler le régime des retraites. À noter que le PS n'a cependant pas pour l'instant revu sa position sur les motions de censure qui seront débattues ce jeudi.

Défections à gauche comme à droite

Sébastien Lecornu espère pouvoir survivre aujourd'hui aux 49-2 déclenchés d'un côté par LFI et de l'autre par le RN. Il compte sur une "plateforme de stabilité" composée des partis de gouvernance.

Ils sont représentés à l'Assemblée nationale par les groupes politiques Socialistes et apparentés, Droite Républicaine, les Démocrataes, Horizons & Indépendants, LIOT (Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires) et Ensemble pour la République. Ce sont donc 303 députés qui ne devraient pas voter la censure contre 265 qui s'apprêtent à le faire. La majorité est fixée à 289 votes, donc le gouvernement Lecornu II devrait alors être sauvé.

Mais les voix dissonantes se font de plus en plus entendre. Sept députés du PS ont indiqué qu'ils voteraient tout de même la censure malgré l'ordre de la fédération, parmi lesquels le Réunionnais, Philippe Naillet. Un choix que le député de la première circonscription avait déjà fait en janvier dernier.

Lire aussi : Philippe Naillet votera la censure, malgré la directive du Parti socialiste

Du côté des LR, la mouvance Bruno Retailleau continue de crier sa colère contre le gouvernement et semble mettre en doute la directive de Laurent Wauquiez. Il pourrait y avoir là aussi des frondeurs.

Un autre groupe pourrait voir ses députés ne pas suivre la consigne de vote donnée, LIOT. Ces élus font partie des inconnues des votes à venir.

D'après les observateurs, le gouvernement Lecornu II pourrait encore échapper à la censure, mais à moins de 10 votes près. Et il est aussi tout à fait possible que le Premier ministre se retrouve à déposer sa démission pour la deuxième fois en deux semaines.

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