Salazie : la majorité de Sidoleine Papaya perd un nouvel élu

La majorité municipale de Salazie connaît une nouvelle défection. Ce mercredi matin, Vincent Elisabeth a remis en main propre à la mairie sa lettre de démission de son mandat de conseiller municipal. L’élu était accompagné par Thierry De Gerus, dont la candidature pourrait être officialisée d’ici le mois de décembre.
Après la démission de leurs délégations de sept membres de la majorité, c’est un nouvel élu qui prend ses distances avec Sidoleine Papaya. Pas de demi-mesure : Vincent Elisabeth quitte purement et simplement le conseil municipal.
Élu pour la première fois en 2014 à seulement 24 ans, il avait rempilé en 2020 avec des délégations à l’écologie et à la citoyenneté.
Le désormais ex-élu ne faisait déjà pas partie du groupe de 14 élus élus qui avaient signé une tribune dans laquelle ils renouvelaient leur fidélité à la maire sortante.
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« Je refuse d’être complice d’un système »
Dans son courrier adressé à la maire, l’élu démissionnaire justifie sa décision par une perte de confiance dans la gestion municipale :
« Je ne peux plus participer à une mascarade politique qui, au lieu de servir les Salaziennes et les Salaziens, ne fait que diviser, manipuler et détourner l’action municipale de sa mission première : être au service de la population, raison même pour laquelle j’avais accepté ce mandat. »
Il évoque également des « pressions et manœuvres » au sein de la majorité :
« J’ai même été contacté par un élu très proche de vous (en référence à la tribune de soutien NDLR), ce qui illustre combien les pressions et manœuvres prennent le pas sur l’intérêt général. Je refuse d’être complice d’un système où querelles personnelles, luttes de pouvoir et calculs électoraux priment sur la mission que nous devrions porter ensemble. »
L’ancien élu dit faire « un choix de conscience, avec honnêteté et responsabilité » et affirme ne pas rallier « une opposition opportuniste à quelques mois des municipales ».
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« Salazie régresse »
Vincent Elisabeth dresse un bilan sévère de l’action de Sidoleine Papaya, élue en 2014 :
« Plutôt qu’avancer, Salazie régresse. Je ne lâche pas la population, je respecte mes convictions auprès des Salaziens en ne soutenant pas ce que je considère comme une mascarade. »
Et de poursuivre : « On ne peut pas avoir un pied dedans et un pied dehors. Je vais au bout de mes convictions. Au niveau de l’animation, il n’y a rien, nos jeunes sont délaissés. Dire que Salazie se relève ? Non, Salazie régresse. »
Une dernière référence au discours tenu par la maire et désormais candidate lors d’une récente réunion de militants organisée dans un rond de coqs du cirque, partagé sur les réseaux sociaux.
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Aux côtés de Thierry De Gerus
Lors de sa démarche, Vincent Elisabeth n’était pas seul mais accompagné par Thierry De Gerus, chef d’entreprise dans l’immobilier. « Je le connais depuis 2023, il apporte ses idées pour sortir de cette situation et tourner une page », explique-t-il.
Le nom de Thierry De Gerus circule depuis plusieurs mois dans le cirque comme celui d’un potentiel candidat aux prochaines municipales. L’intéressé confirme une « envie » d’agir, sans annoncer officiellement sa candidature : « Je suis sur le terrain, j’observe, j’analyse. Depuis deux ans, je rencontre et j’écoute les habitants sur leurs difficultés, je ferai mes conclusions avant le 15 décembre. »
« Mon cœur est salazien »
Répondant aux critiques d'autres candidats sur son origine, lui qui est né à Saint-Denis, Thierry De Gerus rétorque :
« J’ai passé toute mon enfance ici. Je suis un Salazien. Dire le contraire, c’est un problème. Toute ma famille vient de Salazie, mon père comme ma mère. Mon cœur est salazien, c’est le cœur qui parle. »
L’entrepreneur de 54 ans dit vouloir « redonner une dynamique » à une commune qu’il estime à l’arrêt : « Quand on voit l’état du cirque, il faut prendre le taureau par les cornes. Tout est abandonné. »
S’il ne se déclare pas encore officiellement candidat, il salue la décision de l’élu démissionnaire : « Quand Jimmy Armand dit que c’est courageux de démissionner, le vrai courage, c’est de tout laisser, même ses indemnités. Lui sort du conseil et des manœuvres politiques orchestrées par deux candidats issus du même groupe. »
Une majorité fragilisée
La démission de Vincent Elisabeth entraîne la montée d’un nouvel élu issu de la liste municipale. Un renfort potentiel pour la majorité fragile de Sidoleine Papaya, forte de 14 élus (15 en l’incluant), alors que le quorum est fixé à 15 élus présents.
Un conseil dont on attend (toujours) la réunion depuis l’annonce de la démission d’un quart de ses membres.


