Salazie : « C’est comme une tractopelle qui a poussé la maison »

Hell-bourg a vécu l’enfer vendredi dernier. Si Garance s’est depuis longtemps dissipé, le chemin de croix des habitants de Salazie est loin d’être terminé.
« A Hell-bourg, le bilan est désastreux », lance sans demi-mesure Sidoleine Papaya. La maire de Salazie accueillait le préfet ce lundi après-midi dans un spectacle de désolation.
Il y a d’abord la végétation, foisonnante sur une terre très régulièrement nourrie par la pluie. « Malgré cette végétation abondante, on a pu dégager les gros arbres », informe Sidoleine Papaya 72 heures après le météore. Habituée des caprices du relief sur son réseau routier notamment, la ville est rodée à l’exercice. « On avait mis en place une stratégie qui consistait à mobiliser des terrassiers en amont du cyclone. Avant l’alerte rouge, ils étaient déjà prévenus qu’on aurait besoin d’eux sur les différents secteurs », explique la maire en faisant référence aux agents départementaux de l’UTR pour le réseau routier départemental et ses propres agents communaux pour les petites dessertes.
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En dehors des infrastructures routières, c’est bien évidemment l’ampleur des habitations qui ont subi les affres de Garance qui retient l’attention. 25 propriétaires n’ont plus de toit dans le village d’Hell-Bourg et trois ont carrément perdu leur maison.
Parmi eux, il y a Jacky Picard. Le villageois a tenté, vendredi au plus fort du cyclone, de se réfugier chez son frère Jean-Michel alors qu’il venait de voir sa maison être soufflée par les vents. Une maison debout depuis plus de trente ans. Comble de malchance, il a tenté de se réfugier chez son frère Jean-Michel à proximité mais ce dernier s’était tellement calfeutré qu’il n’a pas pu y entrer. C’est finalement chez un autre frère, vivant là aussi dans les parages, que Jacky a pu trouver refuge. Jean-Michel en est certain, Garance lui rappelle Firinga. « C’est comme une tractopelle qui a poussé la maison », tente-t-il de mettre en images son impression.
Le réseau électrique sur pied
Le cyclone de 1989 est la référence qu’utilise également M. Cocotier, 58 ans. Malgré le fatras de débris qui jonchent le sol, il se dit chanceux comparé à d’autres. « Moin la pas eu grande chose moin ! » chantonne son accent des hauts. Il pose néanmoins devant de nombreux appareils électriques hors service comme son réfrigérateur, son congélateur et le téléviseur.
Les familles Picard et Cocotier ne sont pas les seules à marcher sur des ruines. Dans la rue principale d’Hell-Bourg par exemple, le toit de la célèbre Maison Morange s’est en partie envolé.
Malgré ce spectacle de désolation, Salazie a quand même pu compter sur un retour de l’alimentation en eau « pour 100% des foyers ce dimanche », s’en réjouit Sidoleine Papaya, et ce grâce à « une bonne réactivité de la CISE ».
Plus difficile et longue s’annonce la tâche de rétablir le réseau électrique. « Nous commençons à être réalimentés dans certains villages. Maintenant je ne pourrais pas m’avancer pour d’autres parce que les travaux sont toujours en cours mais on a demandé un groupe électrogène qui sera basé sur Grand ilet parce que nous avons là un gros vivier d’éleveurs », commente la maire quelques secondes avant de voir la voiture du préfet arriver.


Sur des images d'Eric Lainé


