Salazie : 1.000 citernes pour répondre à la sécheresse

Avec le soutien du Département et de l’Office de l’eau, la commune de Salazie va distribuer 1 000 récupérateurs d’eau dans autant de foyers afin de renforcer leur autonomie face aux épisodes récurrents de sécheresse. Un camion-citerne a été vendu à l'euro symbolique par le SDIS pour les ravitailler selon les besoins.
Le dispositif prévoit la fourniture gratuite d’un récupérateur d’eau de pluie de 3 000 litres, accompagné de son kit de raccordement et d’une notice d’utilisation. L’équipement sera livré directement à domicile, installé par un professionnel mandaté par la commune après la passation d’un marché, sans aucun frais à la charge de l’usager.
Il s’adresse en priorité aux foyers de Salazie identifiés par la CISE comme étant régulièrement confrontés aux coupures d’eau, puis aux personnes considérées comme vulnérables : personnes âgées, en situation de handicap, malades ou familles avec enfants en bas âge, en relation avec le CCAS.
Pour en bénéficier, plusieurs conditions doivent être respectées : présence de gouttières en bon état (ou engagement à en installer une), espace plat et stable pouvant accueillir la cuve pleine (soit trois tonnes) et proximité immédiate de l’habitation. Une visite technique est réalisée en amont par les services municipaux.
Une fois livré, le récupérateur devient la propriété de l’habitant. Celui-ci s’engage à l’entretenir régulièrement et à ne pas le céder, le revendre ou le déplacer avant deux ans, sauf accord de la commune.
Un peu plus d’un million d’euros
Le dispositif, limité pour l’instant à 1 000 citernes (soit un peu moins de la moitié des foyers), est chiffré à un peu plus d’un million d’euros, cofinancé par le Département et l’Office de l’eau à hauteur de 90 % et par la CIREST et la commune de Salazie pour les 10 % restants.
Les foyers ciblés seront directement contactés, via le listing édité par la CISE, tandis que les personnes vulnérables pourront déposer une demande auprès du CCAS.
La maire ambitionne de débuter la distribution à partir d’octobre-novembre.
Une initiative qui complète les travaux engagés à court, moyen et long terme par la CIREST, le Département et l’Office de l’eau pour améliorer les rendements, développer de nouvelles ressources et interconnecter le réseau, à terme, avec celui du basculement des eaux, argumente la maire, Sidoleine Papaya.

Un périmètre irrigué en 2027
Vice-président du Département délégué à l’eau, Gilles Hubert, annonce la mise en place d’un périmètre irrigué de plus de 210 ha à l’horizon 2027 pour les secteurs de Mare-à-Citron, Mare-à-Vieille-Place et Mare-à-Martin, pour un total de 23 millions d’euros, chiffre la ville, principalement par le renforcement et la création de nouveaux réseaux.
« Ce n’est pas une rustine mais une réponse immédiate dans une panoplie plus complète. À une époque, tout le monde avait une citerne dans sa cour, c’est une bonne chose de revenir sur des concepts de développement durable tout en permettant de soulager le pouvoir d’achat. Ce ne sont pas des mesurettes mais des investissements lourds pour tourner la page de l’eau », déclare l’élu de La Possession.
Vice-présidente déléguée à l’eau à la CIREST, Sonia Albuffy annonce la mise en place à court terme d’un pompage supplémentaire sur Pont de Chien, complémentaire à ceux déjà existants comme à Mathurin. À plus long terme, un schéma directeur de la CIREST doit définir une stratégie globale à l’échelle de l’Est.
Un camion du SDIS pour ravitailler
Pour ravitailler les citernes selon les besoins, un camion-citerne feu de forêts a été vendu pour l’euro symbolique par le SDIS. Un camion d’une capacité de 4 000 litres, mis hors service opérationnel mais toujours fonctionnel. « Une réponse au défi climatique », commente sa présidente, Sophie Arzal.
Des opérations identiques doivent être réalisées avec Cilaos, la Plaine-des-Palmistes, Sainte-Rose ou encore Saint-Benoît.
Le plan porte aussi sur la mise à disposition de deux containers d’eau en bouteilles par la CISE.

Du “clientélisme” pour Cindy Barbe Robert
« Face à la sécheresse, des citernes et un vieux camion ne suffisent pas », a rapidement réagi la candidate Cindy Barbe Robert. À ses yeux, le déploiement « révèle en réalité l’absence criante de vision et de stratégie durable de la majorité. Une citerne de 3 000 litres, c’est à peine quelques jours d’autonomie pour une famille. Peut-on sérieusement considérer cela comme une réponse structurelle à un problème qui se répète année après année ? À terme, ce sont encore les habitants qui paieront la facture pour acheminer l’eau avec un camion ».
Et de poser la question « du clientélisme, là où il faudrait de l’équité et de la justice sociale ».
L’opposante dit d’ailleurs se réserver le droit de porter plainte pour « mesure électoraliste » à quelques mois des élections. En aucun cas, rétorque la mairie qui met en avant la réponse à un « besoin fondamental », un plan validé par les autorités et lancé il y a plusieurs années.
La campagne ne sera pas un long fleuve tranquille à Salazie.


