Saint-Pierre : un médecin condamné pour avoir délivré une centaine de faux pass sanitaire peut-il encore exercer ?

Bertrand L. se décrit comme "un humaniste". Dans son cabinet de la Ravine des Cabris, le médecin généraliste reconnait avoir fait semblant de vacciner une centaine de patients venus de tout le département et avoir délivré de faux pass sanitaires entre juin et août 2021. "Parfois, il faut refuser ce que le monde nous impose", insiste son avocat, le bâtonnier Djalil Gangate, devant la Cour d'appel.
On se souvient qu'en juin 2023, le praticien a été condamné à 6 mois de prison avec sursis, une amende et une interdiction d'exercer la médecine pendant un an par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre. Le parquet qui avait requis l'interdiction définitive d'exercer a fait appel sur ce point, réexaminé ce jeudi par les juges de la rue Juliette Dodu.
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Depuis son jugement, le sexagénaire a souhaité arrêter de pratiquer en attendant la décision et "s'est puni lui-même", souligne son second conseil, Me Clémence Godinaud.
Le docteur vit désormais des minimas sociaux "par idéologie" pour des gens qui allaient perdre leur boulot s'ils ne se faisaient pas vacciner contre le COVID 19.
La représentante de la société fait valoir les 35 années de pratique du mis en cause sans anicroche et propose à la cour de suivre l'avis des premiers juges. Pour l'heure, le conseil de l'Ordre des médecins ne s'est d'ailleurs toujours pas prononcé quant à une éventuelle sanction disciplinaire à l'encontre de l'intéressé.
A la demande du président de l'audience sur l'efficacité du vaccin, le prévenu affirme que celui-ci n'a empêché "ni la maladie, ni la transmission". Un des conseillers de la cour s'agace : "vous confirmez que vous avez permis à des soignants de travailler auprès de personnes malades sans être vaccinés ?". Présent dans la salle d'audience, le docteur Philippe de Chazournes venu soutenir son confrère prend des notes.
Bertrand L. est également poursuivi pour escroquerie bien qu'il se défende d'avoir retiré un quelconque avantage financier dans cette affaire. Comme lors de son premier procès, la CGSS lui demande le remboursement de 36.000 euros correspondant à des actes fictifs.
La cour a mis sa décision en délibéré au 19 décembre prochain.


