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Saint-Pierre : Un centre-ville asphyxié

Voici le communiqué d'Imrhane Moulla, référent départemental de "AGIR La Droite Constructive" à La Réunion

Ecrit par NP – le jeudi 23 décembre 2021 à 16H46

Le mois de décembre est une période festive cruciale pour les commerçants qui réalisent à l’occasion des fêtes de fin d’année une part importante de leurs chiffres d’affaires.

Au centre-ville de Saint-Pierre, la problématique de la circulation et du stationnement est un fléau qui gangrène depuis de trop nombreuses années le commerce de proximité, sans que les décideurs locaux n’y aient apporté depuis plus de 20 ans des solutions pérennes : selon la formule consacrée, « NO PARKING, NO BUSINESS » !

En ce qui concerne la circulation, les entrées de ville (ronds-points de la Balance, des Casernes, MacDo, Cadjee, …) sont saturées, et pas seulement aux heures de pointes. Le plan de circulation du centre-ville, qui a montré ses limites depuis très longtemps, ne change pas d’un iota. Le « coma circulatoire » est une réalité effarante dont souffrent quotidiennement tous nos concitoyens.

Pire, la situation ne pourra que s’aggraver avec la livraison prochaine de nouveaux projets de centres commerciaux et d’hôtels à Casabona et au centre-ville. Si le développement économique, la création d’activités et d’emplois locaux sont des objectifs louables, cela ne saurait se faire au profit de quelques grosses entreprises et au détriment de nombreux petits commerçants et leurs familles.

Or, ce sont ces petites entreprises qui ont des retombées locales plus importantes : qui oserait aujourd’hui contester la qualité des produits proposés par les commerçants du centre-ville aux clients de plus en plus exigeants ? Qui peut nier le nombre d’employés, et leurs familles, qui vivent grâce au petit commerce ?

S’agissant du stationnement, le projet hôtelier pour lequel un permis de construire a été accordé à l’emplacement de l’ancien commissariat de police de la Rue Archambaud sur deux parcelles qui accueillent depuis de nombreuses années des parkings publics pose manifestement question : l’un payant (parcelle DW 184) et l’autre gratuit à usage des employés communaux et des administrés (parcelle DW 288) sur une surface déclarée de 3 000m², soit l’équivalent de pas moins de 120 places de stationnement (à raison de 25m² par place, dégagements inclus).

Or, ces places de stationnement publiques existantes, dans un secteur réputé pour une circulation intense et une problématique criante de manque de places de stationnement – comme le pointent notamment les documents du PLU en vigueur – au détriment notamment des commerçants, de leurs employés et de la population, ne seront pas remplacées (le parking au sous-sol du projet hôtelier sera réservé aux clients de l’établissement).

Au regard du Plan Local d’Urbanisme en vigueur (PLU), la suppression de l’équivalent de 120 places de stationnement publiques, qui découlerait de la réalisation dudit projet d’hébergement hôtelier, situées en « zone rouge de courte durée » (taux de saturation de 82 % en semaine et de 88 % le samedi, selon l’étude de CODRA en 2003), ramènerait la capacité de cette catégorie à 361 places (soit une diminution forte de 25%), et le taux d’occupation serait en conséquence de plus de 100 % tant en semaine que le samedi, ce qui représenterait une situation de saturation totale dramatique, incompatible avec les orientations du PLU en vigueur et inacceptable pour la population, d’autant que la municipalité peine à tenir par ailleurs ses promesses de construction de parkings souterrains ou aériens alors qu’elle a constaté que « la population se déplace de plus en plus » et que « les ménages sont de plus en plus motorisés » (page 104 du Rapport de Présentation du PLU en vigueur) : c’est une abérration sans nom vers laquelle on se dirige !

Ainsi, la revitalisation du Centre-ville passe notamment par la création de nouvelles aires de stationnement, et non leur diminution …

Ce manque de places de stationnement a aussi pour conséquence de bloquer le développement du front de mer, au niveau du « terrain Albany » qui fait office de « parking sauvage » pour environ 300 à 400 véhicules. Tout projet, notamment d’hôtel et/ou d’espace commercial, qui s’y réaliserait entraînerait de facto une situation explosive, car on ne pourra pas limiter le stationnement tant que des alternatives ne seront pas réellement présentes. Alerté de cette situation au plus haut niveau de l’Etat, le dossier « Action Coeur de Ville » et les financements y afférents sont bloqués au niveau du ministère concerné, au détriment de l’intérêt général.

La vitalité et l’attractivité de notre centre-ville dépendant de la fluidité de la circulation et de l’offre de stationnement, il est plus qu’urgent de mettre en oeuvre – au-delà des vœux pieux répétées machinalement à chaque période électorale et des mesurettes de « saupoudrage » prises de temps à autre – tant des solutions concrètes à court terme (par exemple, des parkings à étages ou « en silo ») que des véritables réponses à moyen terme (notamment le développement des transports collectifs et des modes de déplacement doux). Il faut sauver notre centre-ville !

 

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