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Saint-Pierre : Condamné pour exhibition, tentative d'agression sexuelle et détention d'images pédopornographiques

Xavier * est sorti de prison il y a peu et les faits qui lui sont reprochés dressent de lui un profil inquiétant. Jugé ce lundi en comparution immédiate, l'homme se livre peu mais le témoignage de la victime Amélie* laisse peu de doute.
Ecrit par P.B. – le samedi 17 août 2024 à 15H56
"Dans la prison, c'est comme à l'extérieur, on y trouve de la drogue, des armes et du communautarisme" (DR)

Cette nuit du 7 au 8 juin dernier, Amélie* passe la soirée au Sakifo et a dû se garer à quelques pâtés de maisons pour pouvoir trouver une place.

La jeune femme éducatrice spécialisée se sent assez en sécurité pour retourner seule à sa voiture. À un moment, Amélie voit un homme arriver en face d'elle et tourner dans une petite allée. La jeune femme sait qu'elle devra passer devant pour poursuivre son chemin et, par précaution, décide de quitter le trottoir pour marcher davantage sur la route. La jeune femme a bien fait de se méfier puisqu'elle trouvera l'homme, pantalon baissé, sexe à l'air, mine réjouie, sous un lampadaire éclairé.

Amélie ne se rappelle plus ce qu'il a pu lui dire, la jeune femme s'est tout de suite mise à marcher plus vite en appelant son petit ami au téléphone puis à courir quand elle a entendu l'homme la poursuivre.

L'homme a manqué une fois de l'attraper en tirant la capuche de son sweat, mais a fini par la faire tomber. Amélie s'est débattue et a crié d'autant plus fort qu'il a rapidement réussi à la maitriser. Ses cris réveillent les voisins, mais aussi empêche son agresseur d'aller plus loin et lui font prendre la fuite.

C'est à ce moment qu'il a dû perdre son téléphone, trouvé par des voisins et ramené à Amélie. Cette dernière va immédiatement reconnaitre le visage de son agresseur, Xavier*, sur la photo en fond d'écran. Des images pornographiques, pédopornographiques, mais aussi des montages photo d'une ancienne collègue et de sa fille sont également retrouvées dans son téléphone.

La soirée de Xavier ne s'arrête pourtant pas là. L'homme de 38 ans a par la suite tenté d'assouvir ses pulsions sexuelles auprès d'une prostituée qui lui a refusé ses services.

Depuis l'agression, elle ne peut plus travailler

Ivre ce soir-là, Xavier indique juste paradoxalement : “Je me rappelle plus mais je reconnais”. Une seule mention figure à son casier pour des faits de dégradation volontaire d'un bien par incendie survenu en mai 2023. Son expertise psychologique révèle une immaturité affective et une alcoolodépendance.

“On a échappé au pire. Il a arrêté parce qu'elle s'est débattue comme une furie”, relève pour la partie civile Me Ludivine Crauste. L'avocate souligne par ailleurs l'absence d'empathie du prévenu pour la victime qui, depuis l'agression, ne peut plus travailler, elle qui effectuait des maraudes sociales la nuit pour aider les personnes sans abris.

Pointant de nouveaux faits commis 8 mois après la sortie de prison, des photos retrouvées “littéralement à vomir” et "des pulsions sexuelles manifestes”, le parquet requiert à l'encontre de Xavier 3 ans de prison ferme. Une peine à la hauteur de son inquiétude “pour l'ordre public”, tance-t-il.

“Il a sorti son sexe et la demande maladroite mais aussi illégale n'a pas été acceptée”, en convient Me Ben Ali Ahmed. En revanche, pour la défense de Xavier, la robe noire assure que “s'il s'est rapproché, c'était pour la calmer, lui dire qu'il ne voulait pas la violer. Il n'avait d'ailleurs plus le pantalon baissé à ce moment-là”.

18 mois de prison ferme avec maintien en détention ont été prononcés par le tribunal. Xavier a l'interdiction de contact avec la victime durant 3 ans, l'interdiction d'exercer des activités en contact avec des mineurs durant 5 ans et son nom a été inscrit au FIJAIS. Les préjudices concernant la victime seront évalués lors d'une prochaine audience sur intérêts civils.

*prénoms d'emprunt

Etiquettes : Exhibitionnisme | Tribunal

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