Il voulait lui "arracher la tête" : soupçonnant une infidélité, un trentenaire agresse sa compagne sur son lieu de travail

Un homme de 31 ans a été jugé lundi 1er juin en comparution immédiate au tribunal de Champ-Fleuri, à Saint-Denis, pour des faits de violences commis à l'encontre de sa compagne. Déjà connu de la justice, le prévenu présente six mentions à son casier judiciaire et a déjà effectué plusieurs séjours en détention pour des faits de violences.
Les faits remontent au samedi 30 mai à Saint-Paul. Ce matin-là, Hendrick S. demande à consulter le téléphone de sa compagne. D'abord réticente, celle-ci finit par accepter face à son insistance. L'homme affirme vouloir simplement vérifier certains éléments. En parcourant les réseaux sociaux et les appels récents de sa compagne, il découvre plusieurs messages ainsi qu'un appel provenant d'un collègue de travail.
Lorsque le prévenu interroge sa compagne à ce sujet, cette dernière lui explique qu'il s'agit en réalité d'un livreur de pizzas enregistré sous ce nom dans son répertoire. Une explication qui ne convainc pas Hendrick S.
Toujours sous l'effet de l'alcool consommé la veille, selon ses propres déclarations, il décide alors de se rendre immédiatement sur le lieu de travail de sa compagne.
Une altercation devant les collègues
Arrivé sur place, plus tard dans la journée, l'homme demande à rencontrer sa compagne. Le responsable de l'établissement refuse d'abord, avant de céder face à l'insistance du prévenu.
Très rapidement, la situation dégénère.
Selon plusieurs témoignages recueillis par les enquêteurs ainsi que les images de vidéosurveillance, Hendrick S. s'en prend verbalement à sa compagne et lui reproche les échanges avec ce collègue. La discussion tourne à l'altercation.
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Toujours selon les témoignages et les images consultées par les enquêteurs, le prévenu aurait bousculé la victime et l'aurait tirée violemment par le tee-shirt devant plusieurs de ses collègues.
Ces derniers tentent d'intervenir pour séparer le couple, sans succès.
Alertées, les forces de l'ordre se rendent sur place et interpellent immédiatement le trentenaire, qui est placé en garde à vue.
Menaces en garde à vue
L'affaire ne s'arrête pas là.
Au cours de sa garde à vue, le prévenu aurait de nouveau insulté sa compagne, la traitant notamment de "pute". Il aurait également proféré des menaces particulièrement violentes à l'encontre du collègue qu'il soupçonnait d'entretenir une relation avec elle.
Selon le dossier, il aurait notamment déclaré vouloir "tuer" et "arracher la tête" de ce dernier.
À l'audience, la victime confirme les insultes, les menaces et les violences commises ce jour-là.
Malgré les faits, elle confie son désarroi face à cette situation.
"C'est le père de mes enfants, ça me désole cette histoire, mais malgré tout je l'aime", déclare-t-elle à la barre.
Elle affirme toutefois qu'il n'y avait jamais eu de violences physiques auparavant au sein du couple.
Une affirmation nuancée par le témoignage d'une voisine, qui assure entendre régulièrement des disputes particulièrement violentes ainsi que des bruits laissant penser à des coups.
De son côté, Hendrick S. reconnaît les faits qui lui sont reprochés et affirme regretter son comportement.
Des réquisitions sévères
Lors de ses réquisitions, la procureure a qualifié le comportement du prévenu "d'irresponsable et d'inacceptable".
Le ministère public a notamment insisté sur le fait que l'homme avait laissé ses deux enfants, âgés de 11 ans et 4 ans, seuls au domicile pendant qu'il se rendait sur le lieu de travail de sa compagne alors qu'il était encore alcoolisé.
La procureure a requis deux ans d'emprisonnement, dont neuf mois assortis d'un sursis probatoire, ainsi qu'une obligation de suivre un stage de responsabilisation aux violences conjugales et une mesure d'éloignement de la victime.
"Un couple qui essaie d'avancer"
La défense a, pour sa part, souligné que le prévenu n'avait jamais été condamné auparavant pour des faits de violences conjugales.
Son avocate a insisté sur le fait qu'il reconnaissait pleinement les faits, présentait des excuses et souhaitait entreprendre un suivi psychologique. Elle a également rappelé que son client occupait un emploi stable.
"C'est un couple qui essaie d'avancer ensemble", a-t-elle plaidé.
Un an de prison dont six mois avec sursis
Après délibération, le tribunal a condamné Hendrick S. à un an d'emprisonnement, dont six mois assortis d'un sursis probatoire de deux ans.
Le jugement prévoit également une interdiction d'entrer en contact avec la victime et de paraître sur son lieu de travail.
Le permis de conduire du prévenu a également été suspendu.


