Menaces, contrôle et violences : le tribunal condamne un quadragénaire de Saint-Louis

Un quadragénaire a été jugé par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre ce mardi 2 juin pour des violences et des menaces de mort sur son ex-femme chez qui il vivait toujours. Des violences qui s’accumulent depuis des années, même si le tribunal n’a pu retenir que deux épisodes. Arrivé de détention provisoire, il est reparti libre, condamné à six mois de prison avec sursis.
Dans la nuit du 14 au 15 février dernier, Jean-François N. rentre chez lui, ou plutôt chez sa femme avec qui il est séparé depuis le mois d’octobre, complètement saoul. Trouvant la porte fermée à clé, il parvient à rentrer, reproche à Linda* d’avoir un amant et menace de lui couper la tête et « de la plier ». Celle-ci part chez sa mère qui vit dans la maison mitoyenne. Celle-ci aussi se fera menacer.
Le 17 février, Linda va porter plainte. Elle vide alors son sac et évoque cinq années de souffrance. Les gendarmes noteront qu’elle se retournait constamment pour regarder vers le parking afin de vérifier qu’il n’était pas là à la suivre.
Si l’enquête n’a pas pu retenir les viols qu’elle affirme avoir subis, elle a pu ajouter au dossier un autre épisode de violences. Il y a quelques années, lors d’une communion, elle assure qu’il aurait essayé de la faire passer par-dessus une balustrade au premier étage. Deux hommes ayant entendu du bruit sont intervenus pour les séparer, même s’ils n’ont pas vu la scène en direct.
D’abord placé sous contrôle judiciaire, Jean-François a continué à la suivre partout et à l’appeler, obligeant le juge d’application des peines (JAP) à ordonner son placement en détention provisoire.
Des accusations de violences difficiles à prouver
Face aux magistrats, il explique avoir été énervé de trouver la porte close, car « ce n’était pas l’habitude ». Il ne veut pas quitter le logement même si la maison appartient à Linda, car il a fait des travaux dedans. Il avait exigé 300 euros mensuels pour partir. Concernant l’incident lors de la communion, il affirme que Linda allait tomber, mais qu’il l’a rattrapée par la nuque et « les cheveux sont venus en même temps ».
Présente à l’audience, la victime explique que cela fait cinq ans qu’il doit partir, mais qu’il ne part pas. Elle indique qu’il regarde les caméras de la maison pour voir ce qu’elle fait et qu’il est là quand elle rentre, alors qu’il est censé travailler. Elle ne veut cependant pas qu’il aille en prison, ni qu’il perde son autorité parentale.
Pour la procureure, si « la violence psychologique décrite par la victime donne du crédit à la violence verbale et à la posture du prévenu, ces violences sur cinq ans sont difficiles à caractériser ». C’est pourquoi elle demande que seuls les deux épisodes de violences soient retenus. Elle requiert une peine de six mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans, une interdiction de contact et de paraître à son domicile et une obligation de soins.
Le tribunal va le relaxer pour les faits de violences sur la période de prévention de cinq ans et le reconnaître coupable pour les deux épisodes de violences. Il écope de six mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans. En plus des interdictions, il doit effectuer un stage de sensibilisation aux violences intrafamiliales et doit indemniser la victime à hauteur de 2 000 euros.


