Saint-Paul : Ils plantaient de la skunk pour le marché mauricien et "arrondir les fins de mois"

Deux Saint-Paulois écopent de prison ferme pour avoir produit et vendu du cannabis "indoor", en partie destiné au marché mauricien.
Tout est parti d’un banal contrôle routier de la BAC du Port le 24 février dernier. Trouvant les deux occupants d’une voiture en possession de stupéfiants, ils les confient à leurs collègues du groupe stups qui vont pousser plus loin les investigations.
Jusqu’à interpeller un troisième individu à Saint-Paul, chez qui ils découvrent une véritable plantation de cannabis. En garde à vue, les trois hommes reconnaissent se livrer depuis deux ans à de la production et revente d’herbe et de résine.
15.000 euros de bénéfices
Le hachich est acheté à un grossiste du Port moyennant 10 euros le gramme. Quant à l’herbe, de la skunk fortement dosée en THC, ils la produisent eux-mêmes dans une chambre de culture indoor aménagée par leurs soins avec lampes et systèmes de ventilation. Les policiers n’y saisissent rien de moins que 200 pieds de cannabis.
"Mais la plupart avaient une maladie et ils allaient être arrachés", explique au tribunal lundi 2 mars l’un des "jardiniers", père de famille de 41 ans qui a pourtant sa propre entreprise de travaux.
"C’était pour arrondir les fins de mois" reconnaît son acolyte, un fils de bonne famille de 28 ans sans emploi, chiffrant le bénéfice réalisé à hauteur de 15.000 euros en deux ans. Un chiffre certainement "minimisé" selon l'accusation.
"Plus grave qu'une mule"
Car le parquet fustige "l’ampleur internationale" de ce trafic, alors que l’essentiel de la production a été envoyé vers l’île Maurice pour 6 euros le gramme. "Pour produire, il faut du matériel, des connaissances. En termes d’intentions, c’est plus grave qu’une simple mule", estime le procureur Antoine Tur, qui requiert des peines de quatre ans de prison dont un avec sursis contre les deux principaux protagonistes, pourtant inconnus de la justice.
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"Des amateurs qui ont joué aux apprentis jardiniers", relativise Me Aaéza Cadjee en défense, évoquant un trafic de faible envergure et la "coopération totale" des suspects lors de l’enquête.
Après délibéré, le tribunal a condamné les deux planteurs à deux ans de prison dont un avec sursis probatoire et 5.000 euros d’amende. Ils sont maintenus en détention. Quant au troisième larron, "simple revendeur", il écope d’un an de sursis probatoire et 1.000 euros d’amende.


