Saint-Paul : “80% du programme a été fait”

Pendant près d’une heure et demie, le maire de Saint-Paul a déroulé les accomplissements et les projets à venir pour la fin de cette mandature. Pour celui qui a récupéré le siège de maire après l’élection d’Huguette Bello à la Pyramide inversée, le message était clair : “80% du programme a été fait”.
Il est longuement revenu sur la place de la démocratie participative en prenant pour exemple l’interdiction de l’installation de nouveaux fast-foods ou le nouveau règlement de publicité “qui va bientôt partir en enquête publique. Avec 350.000 euros de recette par an, cela va avoir un coût pour la ville, mais c’est une question de santé”, précise le maire, en visant particulièrement l’alcool et la malbouffe.
Ainsi, Emmanuel Séraphin est revenu sur le budget d’investissement de 2023. “63 millions d’euros, c’est un record. Chaque bassin de vie a son projet structurant, avec un objectif commun : lutter contre les poches d’insalubrité”, précise l’édile. Depuis l’arrivée de la nouvelle majorité à l’hôtel de ville, cinq radiers ont ainsi été supprimés, avec notamment la création d’un pont dans le quartier de Carrosse.
L’autre projet structurant de la ville pour les prochaines années est le lancement de la première tranche de l’écoquartier Cambaie. “Nous sommes en train de réfléchir à la renommer en écoquartier Phaonce, du nom d’un roi marron. C’est notre histoire, et c’est un problème d’avoir un nom lié à l’histoire coloniale. Loin des polémiques sur le déboulonnage des statues, Saint-Paul doit être une ville tropicale, insulaire et créole. D’ailleurs, nous travaillons avec un conseil scientifique pour réfléchir à ces questions”, précise le maire.
Saint-Paul-sur-mer va devenir une “réalité”
Emmanuel Séraphin le promet, on pourra bientôt se baigner sur le front de mer de la ville. “Le cyclone a un peu bousculé nos plans. Nous avions déjà installé les ancrages des filets, donc nous allons devoir voir s’ils n'ont pas bougé avec la houle. De plus, le trait de côte a un peu été modifié. Mais les postes de MMS ont été commandés et nous espérons pouvoir offrir aux gens un espace de baignade très bientôt”.
L’extension des cimetières, notamment du Guillaume, va offrir “une respiration” pour les familles souhaitant faire enterrer leurs défunts au plus près de leur quartier. Enfin, la salle de veillée funéraire de l’Étang va prochainement voir le jour, avec un chantier qui devrait être lancé sous peu.
“La sécurité publique est une question essentielle”
Sur le front depuis plusieurs mois déjà, Emmanuel Séraphin n’en démord pas, il veut une vraie caserne de pompiers à Saint-Paul “et pas seulement des baraquements”. Pour lui, il n’y a pas de différent politique sur ce sujet. “L’ancienne majorité comptait le président du Département parmi ses membres et le dossier n’a pas avancé. Le bilan est catastrophique sur les effectifs, avec seulement 24 pompiers de jour et pas de véhicule incendie pour maison. Il y a un seul véhicule pour les feux de forêt, mais personne n’a le permis", tacle le premier magistrat de la ville. Des réunions sont prévues avec le SDIS et Emmanuel Séraphin souhaite de nouveau rencontrer Cyrille Melchior pour discuter de ce problème "majeur".
En passant de 25 à 47 agents pour la police municipale, le maire veut faire des policiers un relais essentiel de la sécurité, notamment la nuit, avec la création d’une unité nocturne “pour un budget de 7,2 millions par an”. Les caméras vont se multiplier, avec 28 nouvelles en cours d’installation, en plus des 24 déjà installées.
Enfin, le maire promet de partir à la rencontre de ses administrés ces prochains mois “pour rester à l’écoute de la population. Nous voulons agrandir les perspectives au-delà des mandats et proposer une vision de long terme sur la gestion des déchets ou les transports."


