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Saint-Louis : Une infirmière agressée alors qu’elle tentait de venir en aide à une chienne

La soignante a été blessée au bas du visage par une voisine qui l'accusait de nourrir les chiens errants.

Ecrit par – le mercredi 01 septembre 2021 à 13H26

Delphine est connue à Saint-Louis pour prendre soin aussi bien de ses patients que des animaux. Mais le 6 juillet dernier, sa tentative d’aide a viré au cauchemar dans un quartier de la ville où elle vient prodiguer des soins.

Alors que l’infirmière avait convenu avec une gramoune, propriétaire d’une chienne divaguante, de récupérer l’animal quelques jours afin de la stériliser, une voisine s’en est mêlée. Remontée, cette dernière l’a dans un premier temps invectivée. « Elle m’a accusée de nourrir les chiens errants et de participer à leur prolifération dans le quartier », confie Delphine.

L’infirmière tente alors de lui expliquer sa démarche. Révoltée par le problème de l’errance animale, elle a engagé une initiative citoyenne et créé [une cagnotte sur la plateforme Leetchi]urlblank:https://www.leetchi.com/c/sterilisation-chienne-wmogavpr . Stériliser les chiennes est ainsi une des solutions dans lesquelles Delphine s’est investie. « Le but est d’éviter de voir les animaux multiplier les portées ». 

« Je suis marquée physiquement et moralement »

La voisine n’entend pas ses explications et, toujours aussi énervée, appelle la fourrière. En voyant que Delphine est toujours là à l’arrivée des agents, la voisine voit rouge et s’en prend physiquement à l’infirmière, la frappant sur le bas du visage.

Plusieurs semaines après l’agression, le choc émotionnel est encore présent, assure l’infirmière. « Je suis marquée physiquement et moralement ». Pourtant, Delphine décide de ne pas porter plainte pour ne pas mettre le feu aux poudres. « Je décide de pardonner cette violence car en y réfléchissant, c’est elle-même qui est victime de sa propre colère. Je choisis de diriger mon énergie et mon dynamisme vers ce qui a plus de sens pour moi : la protection des animaux », livre-t-elle finalement.  

« Je ne suis absolument pas dans le jugement mais mon vécu est l’illustration d’une situation très tendue. Les gens se plaignent des poubelles renversées mais on n’a pas le droit de nourrir les affamés. Les gens s’énervent des aboiements intempestifs mais ces derniers refusent de stériliser leur chien en rut. De véritables orgies ont lieu sous les yeux de nous tous alors que très souvent les chiens sont divaguants (c’est-à-dire qu’ils ont un propriétaire, ndlr) et non errants ».

Dialogue et communication

Delphine a écrit à la maire de Saint-Louis pour connaitre son constat face à la problématique de l’errance animale. « Nous nous retrouvons avec des fourrières pleines à craquer et des euthanasies en très grand nombre. Il existe un budget annuel de stérilisation par commune mais celui-ci se retrouve consommé en quelques mois à peine », déplore-t-elle. 

L’infirmière a été reçue par Brigitte Charles, conseillère déléguée à la propreté urbaine et à l’errance animale. En poste depuis 5 mois, l’élue impliquée dans la protection animale souhaite dans sa fonction « mettre en avant la communication et le dialogue entre les différents acteurs dont les associations et l’intercommunalité ». La communauté de communes est en effet la collectivité compétente en matière de lutte contre la divagation des chiens et des chats. Consommé dès les trois premiers mois chaque année, le budget gagnerait également à être augmenté pour être « davantage en cohérence avec la réalité », plaide Brigitte Charles. 

A son niveau, l’élue a commencé à travailler en interne pour sensibiliser d’abord au sein de la mairie. « J’ai eu des réunions avec la brigade environnement désormais sensibilisée à l’identification de la maltraitance animale, en lien avec la police municipale », indique-t-elle. Les agents de police administrative et pénale disposent également de deux lecteurs de puce. Il sera en outre rappelé aux propriétaires leurs obligations et la réglementation. « Il faut de l’accompagnement et de l’éducation », assure Brigitte Charles. Des communications auprès des scolaires ont également été mises en place « pour les sensibiliser au comportement à avoir quand on a un animal ». 

Si Delphine se réjouit de ces échanges « constructifs et prometteurs », l’infirmière attend des résultats car les attentes des bénévoles en faveur de la protection animale sont grandes.  » Je vais être d’autant plus attentive et soucieuse du déroulé des évènements, tout en continuant à apporter ma contribution sur le terrain ».

 

 

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