Saint-Leu : Karim Juhoor prend les commandes, « le travail commence aujourd’hui »

Installé maire de Saint-Leu ce dimanche, Karim Juhoor a livré un premier discours placé sous le signe de la responsabilité et du rassemblement. Désigné à l’unanimité en l’absence de l’opposition, le nouvel édile entend désormais passer « à l’action » et répondre aux attentes exprimées par les électeurs.
À Saint-Leu, Karim Juhoor a été officiellement installé maire ce dimanche, à l’occasion du premier conseil municipal de la mandature. Désigné à l’unanimité des votants, en l’absence de l’opposition, le nouvel édile a livré un discours marqué par la volonté de rassembler et d’inscrire rapidement son action dans le concret.
Prenant la parole en ce jour de fête des rameaux, il a d’abord souligné la portée symbolique du moment, évoquant « un jour historique », tout en affichant une posture mesurée, « sans triomphalisme », mais guidée par « un esprit de responsabilité ».
Très vite, le maire a tenu à replacer cette élection dans une perspective plus large. Selon lui, le scrutin traduit une attente forte de la population : « Nous avons entendu cette envie de changer de modèle de société. C’est une lueur porteuse d’espoir ». Avant d’insister sur la suite : « Le résultat de l’élection n’est pas une fin en soi, le travail commence aujourd’hui », rappelant au passage que « être maire, ce n’est pas tenir une place, mais agir ».
Dans un contexte encore marqué par la campagne, Karim Juhoor a appelé à dépasser les clivages. Il a ainsi affirmé que « le temps du devoir commence » et que « le temps de la campagne est derrière nous », invitant élus et habitants à se rassembler : « Une élection tranche, mais une commune reste unie ».
Une main tendue à l’opposition
Face à l’absence des élus d’opposition, Karim Juhoor a néanmoins tenu à leur adresser un message, appelant à dépasser les tensions du scrutin. Il a ainsi insisté sur la nécessité de travailler collectivement pour la commune, rappelant que « le temps de la campagne est derrière nous ».
Sans répondre directement à la polémique sur la convocation, le nouveau maire a choisi de se placer sur le terrain institutionnel, affirmant son attachement au débat démocratique, mais dans un cadre respectueux. Il a ainsi prévenu que les échanges devront se tenir « dans le respect républicain », tout en garantissant que le dialogue restera ouvert.
Des remerciements appuyés à Bruno Domen
Dans cette même logique, Karim Juhoor a tendu la main à ses opposants, les invitant à « faire avancer les dossiers de Saint-Leu » aux côtés de la majorité. Une manière d’afficher une volonté d’apaisement, malgré un début de mandature marqué par les tensions.
Le nouveau maire a par ailleurs tenu à inscrire son mandat dans une continuité républicaine, en rendant hommage à ses prédécesseurs. Il a notamment salué Bruno Domen, présent dans l’assistance et chaleureusement applaudi, estimant qu’« il faut être reconnaissant à ceux qui ont eu le courage et la dignité de faire les bons choix », au-delà des divergences politiques.

Une majorité appelée à l’exemplarité
Sur le fond, Karim Juhoor a esquissé plusieurs priorités pour les années à venir. Il a évoqué la nécessité d’une commune « plus propre, plus apaisée » et d’une action municipale « plus efficace », tout en mettant l’accent sur la rigueur budgétaire et la transparence : les deniers publics devront être utilisés « au service des habitants » et la municipalité s’engage à « toujours rendre compte de son action ».
S’adressant directement à sa majorité, il a enfin rappelé les exigences liées à l’exercice du pouvoir local : « Faire partie de cette majorité n’est pas un privilège mais une responsabilité », prévenant que rien ne se fera « sans travail, sans courage et sans exigence ».
Lors de cette séance, 11 adjoints ont été élus, dont Vanessa Balencourt en tant que première adjointe, complétant ainsi l’exécutif municipal.
À noter que cette installation s’est déroulée sans les élus d’opposition, emmenés par Thierry Robert. Ce dernier avait justifié son absence par une non-convocation, une version contestée par les services municipaux, qui affirment que les procédures ont été respectées, avec deux passages de la police municipale à son domicile et le dépôt d’un avis de passage dans les délais légaux.
Plusieurs figures politiques de l’île avaient fait le déplacement pour assister à cette séance, parmi lesquelles Olivier Hoarau, Serge Hoareau, Emmanuel Séraphin, Alexandre Laï-Kane Cheong, ainsi que les sénateurs Stéphane Fouassin et Audrey Bélim.



