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Saint-Joseph : À 71 ans, elle va en prison pour violences conjugales

Une Saint-Joséphoise était jugée hier par le tribunal de Saint-Pierre pour des violences sur son conjoint en récidive. La septuagénaire souffre de problèmes psychiatriques qui lui causent une jalousie obsessionnelle avec une dangerosité avérée. Elle a été condamnée à sept mois de prison ferme.
Ecrit par Gaëtan Dumuids – le mardi 20 février 2024 à 10H44
"Dans la prison, c'est comme à l'extérieur, on y trouve de la drogue, des armes et du communautarisme" (DR)

C'est un profil plus qu'atypique qui était jugé hier en comparution immédiate au tribunal de Saint-Pierre. Âgée de 71 ans, mesurant à peine 1,50m et ne pesant pas plus de 45 kilos, Jacqueline* ne correspond pas vraiment aux prévenus généralement jugés au tribunal. Mais derrière cette apparence de gentille grand-mère, c'est une véritable terreur qui se cache selon le voisinage.

Jeudi dernier, elle a de nouveau agressé Raymond* à coups de bâton, son compagnon âgé de 77 ans, lui valant trois jours d'ITT. Des violences habituelles puisqu'elle a déjà été condamnée en septembre 2022 pour lui avoir donné des coups de sécateurs. Depuis 2020, les gendarmes ont déjà réalisé une dizaine d'interventions chez le couple. L'enquête de voisinage révèle également qu'elle est toujours agressive avec les habitants du quartier.

Jacqueline va se justifier en expliquant que Raymond la trompe constamment avec des femmes de 30 ans et qu'il est toujours en contact avec plein de femmes. L'expertise psychiatrique révèle qu'elle souffre d'un trouble dépressif avec une jalousie délirante et obsessionnelle. L'altération du discernement est reconnue et sa dangerosité est avérée. D'ailleurs, sa propre fille craint que tout se finisse par un homicide.

"Elle reconnaît les faits, mais légitime ses coups"

"J'ai peur de commettre l'irréparable, donc je prends mes médicaments", assure-t-elle à la barre. Jacqueline explique ensuite qu'elle "le tape pour qu'il comprenne sa souffrance, parce qu'il exagère."

"Son attitude est inquiétante, car elle minimise. Elle dit qu'elle se soigne, mais cela n'a pas empêché la commission des faits. C'est inquiétant", souligne Me Pauline Blard qui représente la partie civile. Elle sollicite donc une interdiction de contact avec son client, ainsi que 4000 euros de dédommagement pour le préjudice physique et moral.

"À 77 ans, il vit dans un stress quotidien à cause d'elle. Au fond, elle reconnaît les faits, mais légitime ses coups", argue la procureure qui requiert une peine de 10 mois de prison et la révocation de deux mois de sursis en raison "du risque important de passage à l'acte."

Pour Me Florence Boyer, la peine précédente et les réquisitions "sont inadaptées. Il faut que la peine ait un sens. Je ne suis pas sûre qu'elle comprenne ce qu'on lui reproche. La peine n'est pas suffisante sur le plan médical."

Elle est finalement condamnée à une peine de cinq mois de prison ferme et voit la révocation de deux mois de sursis. Elle doit verser 1000 euros à la victime pour le préjudice et à l'interdiction d'entrer en contact avec lui. De plus, elle est interdite de recevoir la pension de réversion.

Etiquettes : Saint-Joseph

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