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Run Market : un effort demandé aux salariés d'un million d'euros par an pendant 5 ans

Nouvelle réunion autour du futur accord de performance collective (APC) au sein de l'enseigne de grande distribution Run Market. La direction demande aux salariés un effort d'un million d'euros par an sur cinq ans.
Ecrit par Julien Delarue – le jeudi 26 septembre 2024 à 18H24

Comme nous vous l'avions révélé en août dernier, les 625 salariés de l'enseigne Run Market (Saint-Denis, Sainte-Marie, Saint-Paul et Saint-André) devront dire temporairement adieu à certains avantages.

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La première réunion autour du futur APC s'est tenue ce matin au siège de Run Market. La direction a proposé plusieurs pistes aux syndicats (CGTR, CFDT et CFTC) afin de dégager un million d'euros d'économies sur cinq ans.

Accord de substitution de 2021 en sursis

Pour y parvenir, la direction a identifié plusieurs mesures visant à limiter les dépenses. Pour l'instant, il ne s'agit que de propositions. « Ils veulent travailler et revenir à l'accord de substitution », explique Mario Corbeau, délégué syndical central pour la CFDT Réunion chez Run Market. Cet accord, signé en octobre 2021 entre les syndicats majoritaires et l'ancienne direction de l'enseigne (avant l'entrée du groupe mauricien IBL, NDLR), permettait aux salariés de bénéficier d'avantages supplémentaires en plus des dispositions de la convention collective nationale du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire.

Dans cet accord de substitution, les syndicats avaient obtenu une réorganisation du temps de travail, plusieurs primes, une prise en charge plus importante par la direction des titres-restaurant, ainsi qu'une valorisation de la prime de médaille du travail (20 euros par année d’ancienneté dans le groupe). « Cette prime pourrait être réduite à 10 euros », indique Mario Corbeau.

Parmi les autres propositions sur la table : une réduction de la part prise en charge par la direction pour la mutuelle et la prévoyance. Ces accords datent de 2020, et la direction souhaite revenir aux dispositions de la convention collective nationale.

Au tour des syndicats de faire des propositions

« Ce ne sont pour l’instant que leurs propositions », précise le délégué central CFDT. De leur côté, les syndicats ont mandaté un expert pour analyser les chiffres avancés par la direction, notamment les résultats de 2023, qui n'ont toujours pas été communiqués, afin de formuler des contre-propositions. « Les chiffres de 2023 ne seront pas bons. Nous attendons la prochaine réunion en octobre pour proposer à notre tour des pistes d’économies qui ne reposent pas uniquement sur les salariés », ajoute-t-il.

Du côté des syndicats, le sentiment est que les propositions de la direction ressemblent davantage à des « pansements sur une jambe de bois ». « Ce n’est pas ça qui va sauver ou non l’entreprise. »

« La direction prend ligne par ligne sur cet accord de substitution. On garde, on ne garde pas... Mais aujourd'hui, il nous manque toujours des éléments financiers sur l'entreprise », indique Martine Gauvin, déléguée syndicale centrale pour la CGTR au sein de Run Market. Le syndicat a interpelé la direction sur la nécessité d'obtenir les résultats de l'exercice 2023 avant la prochaine réunion de négociations. « On ne peut pas encore demander à des salariés de faire des efforts. En retirant 20 euros ici, 20 euros par là, c'est son pouvoir d'achat qui est touché. Cette situation est inconcevable pour nous, surtout lorsque dans le même temps le groupe IBL rachète un terrain à 28 millions d'euros à La Réunion (rachat du terrain où se trouve l'hôtel Lux à Saint-Gilles, NDLR). »

La CGTR avait fait aussi des demandes, notamment de commencer les économies « par le haut » et non simplement sur les 625 salariés du groupe. « C'est un ensemble au sein de l’entreprise. Il ne faut pas seulement viser les salariés de base. Ce n’est pas le genre d’accord que l’on cautionne d’emblée. Nous sommes dans l’attente de voir et d’écouter », rappelait il y a quelques semaines Martine Gauvin, déléguée syndicale centrale pour la CGTR. À écouter les syndicats, des pistes ont été trouvées.

Lire aussi : Run Market : « À nous de négocier pour perdre le moins possible »

"Le temps de la négociation"

Contactée, la direction ne souhaite pas s'exprimer davantage pour l’instant. « Nous en sommes à la troisième réunion autour de cet APC. Je ne souhaite pas m'exprimer après chaque réunion», nous a simplement déclaré Régis Durieux, PDG de Make Distribution (Run Market), préférant respecter « le temps de la négociation ». En août dernier, il nous avait précisé : « Cet APC consiste à demander aux salariés de contribuer à la relance durable de l’activité en procédant à des ajustements en matière de productivité, de flexibilité des horaires et des conditions de travail, tout en préservant l’emploi et en améliorant la compétitivité de l’entreprise. »

La bataille des chiffres ne fait que commencer.

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