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Requin juvénile dans le bassin Manapany : une observation à l’origine d’une nouvelle polémique

Ecrit par Gaetan Dumuids – le dimanche 1 février 2026 à 14H52

L’observation d’un requin juvénile dans le bassin de Manapany, samedi 31 janvier, a ravivé les tensions autour de la question requin à La Réunion. Un message publié par le conseiller départemental Jean-François Nativel a suscité une vive réaction de l’association VAGUES, qui conteste à la fois l’identification de l’animal et le discours tenu sur la « pêche préventive ».

Samedi, en milieu de journée, plusieurs usagers du bassin de Manapany les Bains ont aperçu un requin juvénile évoluer calmement sous la surface, parmi les bancs de poissons. L’animal, estimé à une soixantaine de centimètres, n’a provoqué aucun incident. Présent à proximité de baigneurs, il n’a montré aucun comportement agressif avant de disparaître naturellement.

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Rapidement relayée sur les réseaux sociaux, l’observation a suscité de nombreuses réactions, ravivant un débat particulièrement sensible sur l’île.

Jean-François Nativel évoque un requin bouledogue juvénile

Dans un message publié sur Facebook, Jean-François Nativel, conseiller départemental et militant anti-requin, affirme qu’il s’agit d’un « requin bouledogue juvénile ». Il évoque une présence généralisée de cette espèce à La Réunion, dans les lagons, les bassins et les exutoires d’eau douce, en particulier durant la saison des pluies.

Le conseiller met en avant le rôle des pêcheurs amateurs, qu’il décrit comme « le premier rideau préventif » du territoire. Il remercie ces pêcheurs pour leurs captures de juvéniles depuis le bord et défend la poursuite de ce qu’il qualifie de « pêche préventive citoyenne », qu’il estime indispensable dans un contexte de sécurisation jugée insuffisante. Il conclut son message par un "proverbe" déjà largement diffusé : « pêche un requin, sauve un gamin ».

L’association VAGUES conteste l’identification et le discours

Cette analyse est fermement contestée par l’association VAGUES, implantée à Manapany. Son président, Didier Dérand, indique avoir observé l’animal à deux reprises dans le bassin, alors qu’il nageait tranquillement sur le fond, sans réaction face à la présence de nombreux baigneurs.

Selon l’association, les caractéristiques physiques du requin observé ne correspondent pas à celles d’un requin bouledogue. La présence d’un liseré noir marqué sur la queue et d’autres éléments morphologiques orienteraient plutôt vers un requin gris de récif juvénile, une espèce présente dans la zone et bien différente du bouledogue.

Une espèce jugée peu dangereuse à l’état juvénile

VAGUES rappelle que le requin gris de récif est considéré comme peu dangereux à l’état juvénile et que les interactions avec l’homme sont extrêmement rares. L’association souligne que l’animal observé n’a manifesté aucun comportement de stress ou d’agressivité, malgré une fréquentation importante du bassin.

Elle dénonce également l’exploitation médiatique de cet épisode pour justifier des pratiques de capture qu’elle estime contraires à la protection des espèces et à une approche scientifique du risque.

Un débat toujours aussi clivant à La Réunion

Au-delà de cette observation ponctuelle, l’épisode de Manapany met une nouvelle fois en lumière la fracture persistante autour de la question requin à La Réunion. D’un côté, les partisans d’une sécurisation du littoral par la pêche ciblée. De l’autre, les défenseurs d’une cohabitation fondée sur la connaissance, la prévention et la préservation de la biodiversité.

Une opposition de visions qui, une fois encore, s’est cristallisée autour d’un événement sans incident, mais qui a enflammé les réseaux sociaux.

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