Réparations au titre de l’esclavage : Haïti réclame 17 milliards, bigre !

On croit rêver. Mais elles, les autorités haïtiennes, à quoi rêvent-elles ? A supposer même que la France ne leur accorde qu’un seul petit milliard, où disparaîtrait cet argent ? Sûrement pas dans la population. Quand on connaît l’était chronique de la corruption dans ce malheureux pays…
Plusieurs questions se posent à propos de cette soi-disant « réparation ».
Un – Le montant (réel) des dégâts causés au tiers-monde est impossible à chiffrer.
Deux – Qui paierait ? Et à qui payer ? Le descendant d’esclavagiste que je suis devrait payer quoi au descendant d’esclave que je suis aussi ? Ubu n’est pas mort.
Trois – Est-il alors impossible de réparer ? Certes pas mais il faut envisager le problème d’une autre façon.
L’esclavage ne fut que le premier pillage des pays du Sud par l’Occident : il les a vidés de ses forces vives.
Deuxième pillage, ses matières premières : l’Occident s’est enrichi avec les produits du Sud sans que cela ne leur rapporte jamais de quoi se développer ; prix imposés, retards de paiement, etc.
Troisième pillage, ses cerveaux. On embauche à prix réduit des spécialistes, médecins, chirurgiens, informaticiens, ingénieurs, de haut niveau, ce qui réduit nos propres spécialistes à s’exiler ou accepter des salaires de misère.
Quatrième honte, on encourage des tyrans corrompus à continuer à exister. Voir le cas de la famille Bongo par exemple.
La question doit être revue hors des sentiers battus. Il y a assez d’argent sur cette fichue planète pour enrayer la plupart des maux dont souffre le monde. Si l’on veut réellement aider les pays pauvres, il faut s’attaquer à leur développement. En finançant des programmes qui seraient menés à bien par des gens de bonne volonté (il y en a plus qu’on ne le croit), qui associeraient étroitement bâilleurs de fonds et techniciens de terrain, spécialistes occidentaux honnêtes et spécialistes locaux honnêtes (il y en a beaucoup aussi).
Pas en donnant sans contrôle de l’argent dont on sait que moins de 10 % arrivent sur le terrain !
Il faut en finir avec cette spirale cacaotière qui enrichit les chocolatiers français, suisses, belges ou américains (leurs pubs passent chaque jour à l’écran) sans aider le producteur ivoirien de cacao à vivre mieux.
Bref, il faut en finir avec cette mondialisation, cet ultralibéralisme qui n’enrichit que les plus riches, avec ces diktats du FMI, de la Banque mondiale et des multinationales.
Le même raisonnement est valable chez nous où des employés sont contraints de gréver pour contraindre leurs employeurs, Brasseries de Bourbon, Holcim, Effage, à leur verser des salaires simplement moins indécents.
« Aux armes… » ! Oui, je sais, je l’ai déjà dit mais ne cesserai jamais de le répéter.
Jules Bénard


