Rénovation urbaine : Les idées mijotent au Chaudron

"Nous avons des idées, mais nous n’habitons pas le quartier. Nos idées ne sont peut-être pas les priorités des habitants", explique Ericka Bareigts pour présenter la démarche de la future rénovation des quartiers du Chaudron et de Vauban. La ville de Saint-Denis et la SIDR viennent de signer un protocole d’accord pour le lancement préalable à l’amélioration du cadre de vie des locataires installés dans les quartiers de Vauban et du Chaudron.
Ce sont 100.000 euros qui ont été débloqués pour conduire les études techniques préalables à des rénovations et à des aménagements d’espaces verts et de convivialité. Cette étude permettra de mesurer les besoins des quartiers ciblés par une concertation entre les habitants, la commune et le bailleur social. Une démarche d’hyperproximité désirée dans la dynamique de modernisation afin que les habitants puissent vivre dans de meilleures conditions pour les décennies à venir.
"Cette étude sera sur une année. Nous avons fait la même avec la SHLMR sur le Ruisseau et Calebassier. L’idée c’est de travailler un an sur la consultation, et nous aimerions faire le rendu dans une année supplémentaire. Il faut prendre le temps de la consultation parce que si nous nous trompons, nous ne reviendrons pas sur les choses avant 50 ans. Donc, prenons ce temps-là. Embarquons les gens sur des travaux qui vont être conséquents sur le quartier", explique la maire de Saint-Denis pour qui "cette transformation ne peut pas se faire sans les gens".
Créer de la cohésion sociale
Au-delà de la réhabilitation des habitations, qui sera le travail de la SIDR, c’est l’ensemble des espaces urbains qui seront discutés par la ville et les habitants. L’idée est de créer des espaces verts, des espaces pour enfants, des locaux commerciaux et des jardins collectifs.
"Il faut développer des services de proximité pour faire 'la ville du quart d’heure'. Les habitants doivent avoir autour d’eux toutes les prestations à moins d’un quart d’heure à pied. Cela va créer de l’emploi et de la cohésion sociale", souligne Ericka Bareigts. Même son de cloche du côté de Jacques Durand, le directeur général de la SIDR. "Couler du béton ne crée pas la cohésion sociale. Le logement ne fait pas le quartier", déclare-t-il.
Des habitants étaient présents lors de cette signature et ont fait part de leurs difficultés au quotidien. Entre les demandes de relogement des personnes âgées, l’attente des travaux de réparation ou encore les incivilités, ils avaient de nombreux motifs d’inquiétudes. "Le Chaudron est en train de tomber depuis les années 80", ajoute l’un des représentants de locataires.
Ericka Bareigts a tenu à les rassurer en expliquant que la concertation est justement là pour prendre en compte ces problématiques. L’heure est à présent à la concertation pour voir émerger un quartier moderne d’ici quelques années.
"Il faut profiter de cet exemple pour que le Chaudron soit vu comme un quartier qui a fait sa mue. Ce temps de transformation est un temps majeur. Cette transformation est pour les 50 prochaines années. Il ne faut pas se tromper et cela doit être bien mené", conclut Ericka Bareigts.


