Rencontre à Matignon : l’intersyndicale déçue et prête à remobiliser le 2 octobre

Après plus de deux heures d’échanges avec le Premier ministre, les huit organisations syndicales réunies ce mercredi 24 septembre se disent insatisfaites. Elles annoncent la préparation d’une nouvelle journée de mobilisation début octobre.
L’attente était forte, la déception l’est tout autant. Ce mercredi, les représentants des huit centrales de l’intersyndicale – CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires – ont été reçus à Matignon pour un entretien de plus de deux heures avec le Premier ministre. À la sortie, le constat est sans appel : « C’est une occasion manquée », a résumé Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT. Au nom de l’intersyndicale, elle a appelé à préparer une nouvelle mobilisation le 2 octobre, sous réserve de validation par les instances de chaque organisation.
Les syndicats avaient présenté une série d’exigences allant bien au-delà du seul projet de budget : abandon du plan de François Bayrou, justice fiscale renforcée, conditionnement des aides publiques aux entreprises à des critères sociaux et environnementaux, ou encore suppression du recul de l’âge légal de départ à la retraite. Autant de mesures qui, selon eux, constitueraient des signaux clairs de rupture.
De leur côté, les organisations patronales doivent être reçues à Matignon dans l’après-midi. Le président du Medef, Patrick Martin, a déjà annoncé un grand rassemblement des organisations patronales « dans les prochains jours », tout en réaffirmant son opposition à la taxe sur les hauts revenus, surnommée taxe Zucman. Mais toutes les instances patronales ne partagent pas la même stratégie, l’U2P indiquant pour l’heure ne pas vouloir s’associer à ce meeting.
Pour les syndicats, le temps presse. Ils avaient donné cinq jours au chef du gouvernement pour répondre à leurs revendications, faute de quoi un nouveau mouvement social serait inévitable. Le climat reste tendu après les manifestations du 18 septembre, qui ont rassemblé, selon les syndicats, plus d’un million de personnes à travers le pays, contre un peu plus de 500 000 recensées par les autorités. Un avertissement que l’exécutif n’a, selon l’intersyndicale, pas encore pris au sérieux.
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