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"Regardez ce qu'on laisse mourir" : elle dépose le cadavre d'Héros, un Bully américain victime de maltraitances, devant la préfecture

Ecrit par L-H.T (avec P.M, sur place) – le mercredi 17 juin 2026 à 17H19

Pour dénoncer l'inaction face à la maltraitance animale, Vanessa Germain, présidente de la Milices anti-squats 974, a déposé mercredi 17 juin devant les grilles de la préfecture, le corps d'un chien mort à la suite de maltraitances. Une action choc, à la hauteur de sa colère.

Il repose dans une housse blanche, sorti quelques instants du coffre d'une voiture. Son corps est si maigre que les os dessinent encore sa silhouette. Devant les grilles de la préfecture de La Réunion, mercredi 17 juin, les passants s'arrêtent, les téléphones se lèvent, le silence s'installe.

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Le chien s'appelait Héros.

C'est ce cadavre que Vanessa Germain a choisi d'exposer, quelques minutes seulement, devant le représentant de l'État. Une image volontairement insoutenable pour dénoncer, selon elle, l'inaction des pouvoirs publics face à la maltraitance animale sur l'île.

Opération coup de poing

"Je veux que ça serve à quelque chose. Je veux que ça bouge."

Depuis plusieurs années, l'association multiplie les interventions sur des cas de chiens abandonnés, affamés ou retrouvés agonisants. Après Farah, puis Milord, Héros est devenu, malgré lui, un nouveau symbole.

Selon Vanessa Germain, l'animal vivait attaché chez un particulier à Saint-Joseph.

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"Il a été laissé des mois sans être nourri. Les gendarmes étaient venus il y a quelques jours après un signalement d'une association. La procédure était engagée mais rien ne s'est passé. Hier, on nous a dit qu'il poussait son dernier cri."

Ses bénévoles décident alors d'intervenir.

"On est rentrés dans la propriété. On s'en fout. C'était une urgence vitale."

Transporté dans une clinique vétérinaire, Héros est placé sous perfusion. Mais il meurt quelques heures plus tard.

Manque criant de structures d'accueil ?

Le constat est glaçant.

"Il pesait 37 kilos alors qu'il aurait dû en faire environ 70. Son estomac était vide. Il n'avait pas été nourri depuis des mois."

Autour du corps de l'animal, Vanessa Germain déroule un réquisitoire contre ce qu'elle considère comme un abandon politique.

"Personne ne bouge. Le préfet ne s'est jamais rapproché de moi. Aucun maire ne prend position. Aucun député ne m'a appelée, sauf Frédéric Maillot, et Joseph Rivière qui a évoqué les actes de torture et de barbarie à l'Assemblée nationale."

Elle pointe également le manque criant de structures d'accueil.

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"Il n'y a que trois refuges sur l'île. Saint-Paul est la plus grande commune de France et il n'y en a aucun. C'est une honte. Il y a 24 communes, il devrait y avoir 24 refuges."

Pour elle, le problème dépasse largement le seul cas d'Héros.

"À La Réunion, on cumule l'errance animale, la maltraitance et les actes de torture. On est sur un département français, ce n'est plus possible."

"Je suis prête à faire de la garde à vue pour la cause animale s'il le faut"

Son discours vise aussi la réponse judiciaire.

"La loi prévoit jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende. Qui a déjà eu cette peine à La Réunion ? Les dossiers s'empilent sur le bureau du procureur mais on attend toujours les condamnations."

Face aux journalistes, la militante assume pleinement la radicalité de son geste.

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"Je suis prête à faire de la garde à vue pour la cause animale s'il le faut. Je veux qu'en métropole on parle enfin de ce qui se passe ici."

Sans épargner non plus les associations de protection animale, qu'elle appelle à dépasser leurs rivalités.

"Il faut qu'on arrête de se critiquer et qu'on monte un collectif. Qu'on soit enfin reçus en préfecture avec les forces de l'ordre, les maires et les élus pour construire un vrai plan d'action."

Moyens "limités"

Selon elle, les policiers et les gendarmes font souvent ce qu'ils peuvent avec des moyens limités. Le véritable blocage viendrait de l'absence de solutions une fois les animaux retirés à leurs propriétaires.

"Aujourd'hui, la seule réponse, c'est la fourrière. Ce n'est pas une solution. Il faut des refuges, des centres d'accueil qui travaillent avec les forces de l'ordre."

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