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Réflexions sur la vie d'un policier en métropole

Ecrit par zinfos974 – le samedi 6 novembre 2010 à 17H35

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Je vous envoie une réflexion regroupant les difficulté rencontrés par beaucoup de réunionnais en france . J'aimerai avoir votre opinions sur le sujet . Merci d'avance .

LA VIE D UN POLICIER RÉUNIONNAIS EN MÉTROPOLE

1/ Savoir qu’il faut venir, mais le vivre !

Pour devenir policier, il faut être reçu à un concours que tu passes dans ta région, et pour les réunionnais, ils le passent sur leur ile natale. Après être reçu il faut aller en école de police en Métropole, et être affecté sur le territoire métropolitain à l’issue. Il n’y a pas de poste pour l’ile de la réunion en sortie d’école. Ce que l’on ne sait pas, c’est qu’on est parti pour 10 à 12 ans minimum, loin de son île. Après avoir fait toute sa vie à la Réunion, entouré de sa famille, dans son cocon, on se retrouve seul et pas accompagné.

2/ L’éloignement

Quitter son ile, et faire 10.000 km pour trouver du travail, n’est pas chose aisée lorsqu’on n’y est pas préparé psychologiquement et financièrement. On arrive dans une nouvelle atmosphère, une nouvelle ambiance, de nouvelles températures, de nouvelles mentalités. L’environnement n’est pas adapté à une personne qui a vécu toute sa jeunesse sur une ile et surtout pour celui qui n’a pas de famille ou d’entourage proche sur place.

3/ Les évènements familiaux

A la Réunion les gens sont très famille, donc très entourés. Chaque évènement est très important pour son équilibre. Il y a souvent un mariage, un baptême, un anniversaire, une cérémonie religieuse, une occasion pour réunir la famille et se retrouver. Lorsqu’on est à 10.000 km, il faut faire une croix sur tout cela. Et je ne parle pas de décès et de maladie dans la famille. Beaucoup de compatriotes le vivent très mal.

4/ Congé bonifié / Repos

L’administration a une seule réponse à cela, c’est les congés bonifiés. Aussi il faudrait que sa famille puisse organiser ces différents évènements lors de son retour sur l’ile. Sinon pour y aller, il te faut débourser au minimum 800 euros pour voir les siens. Mais aussi prévoir au minimum 05 jours de congés, si tu veux retrouver ta famille. Alors que pour un métropolitain, il lui suffit de prévoir avec la SNCF pour le prix du billet et de trois heures de trajet, pour être chez lui.

5/ Mutation

Alors, il me reste la mutation. Mais là encore des soucis en perspective. Pour être muté à l’Ile de la Réunion, il faut compter 10 à 12 ans en Métropole, avant d’espérer que son dossier soit à peu près au dessus de la pile. Il y a une grosse différence entre le nombre de réunionnais réussissant le concours, et le nombre de demandes de mutation. Notre ile est elle trop attractive ? Là, c’est un autre souci.

Mais le gros problème c’est le système de mutation qui est à revoir. Aujourd’hui un ancien sera muté avant celui qui aura fait des demandes depuis des années. C'est-à-dire, une personne parce qu’il aura une ancienneté administrative supérieure à une personne qui a toujours demandé l’ile de la Réunion, sera muté avant celui-ci. Il aura suffit qu’il ait une révélation, qu’il ait regardé une émission et qu’il soit tombé sous le charme, ou tout simplement une envie, alors il fera la demande de mutation, et il partira avant celui qui tout au long de sa carrière a demandé le poste en mutation. Avec les chances qu’il ne s’y plaise pas, qu’il ne s’adapte pas, et qu’il demande à retourner en métropole. Et pour couronner le tout, il y a ceux qui refusent la mutation pour X raison, et là le poste est perdu.

Un réunionnais qui veut rentrer chez lui, n’a qu’un seul choix, c’est SATPN REUNION, sinon c’est rien d’autre. Alors que quelqu’un qui est du sud, du nord, ou toutes autres régions françaises, pourra soit demander sa région de naissance ou se rapprocher au maximum en demandant la ville ou le département voisin. Ce qui n’est pas le cas d’un réunionnais, il n’a pas cette chance. 6/ Avancement de carrière Dans la police, comme dans tout autre métier, celui qui veut évoluer, peut le faire soit en élargissant ses compétences, soit en montant de grades. Mais devant lui se dresse un problème de taille. Si on élargit trop ses compétences, on risque de se trouver bloqué parce que les postes n’existent pas, ou les places sont chères ou prises sur place. Et lorsqu’on monte de grade on se retrouve bloqué ici en Métropole, et les demandes de mutation sont repoussées. Alors que fait on ? Soit resté à sa place et lorsqu’on arrive à la Réunion, on est les derniers et les tous petits. Ou soit on s’élève et on reste bloqué en métropole.

7/ Vie de couple

Beaucoup de réunionnais arrivent jeunes en Métropole. Après s’être installé, il souhaite fonder une famille, et investir dans un logement. Mais là encore, le réunionnais est confronté à un autre souci. Il est entre sa femme qui n’arrive pas à s’adapter, qui ne veut pas venir en Métropole, qui a des problèmes de santé. Seul sans famille, et ayant perdu ses repères, le couple ne tient pas. Beaucoup ne peuvent pas ou ne veulent pas avoir d’enfant, de peur de ne pas y arriver et celui qui a des enfants, se trouve également dans une situation délicate. Les enfants grandissent, et beaucoup ne veulent pas aller vivre sur la terre de ses parents, de peur de perdre ses repères. Alors les parents se retrouvent contraints à rester ici en métropole, loin des ses origines.

8/ Retour en vacances

Aussi pour ne pas perdre contact avec les siens, il y a les vacances. Mais lorsqu’on arrive sur place, on est considéré comme un touriste ou un étranger de passage. On est reçu par la famille comme un expatrié et non comme celui qui petit ou plus jeune était celui qui était des leurs. La famille ne nous voit plus de la même façon. Les petits ne nous reconnaissent pas ou plus. Et le fossé se creuse de plus en plus suivant le nombre d’année passé en exil. De plus lorsqu’on est muté, on est mis à part, et la réintégration dans le noyau familial se passe souvent mal.

Aujourd’hui on nous parle de continuité territoriale, d’intégration des jeunes réunionnais vers le monde extérieur, mais a-t-on pensé au devenir de ces jeunes ? Nos jeunes quittent l’ile pour apprendre, mais y a-t-il une place pour eux à leur retour ? On parle de préférence régionale, mais combien attendent de rentrer et se voient passer devant eux des personnes qui n’ont d’autres ambitions que de profiter du système ? Notre culture risque de se perdre et ne pourra survivre que si nos jeunes pouvaient revenir et apporter leur savoir faire, partager leurs expériences. Pour y retourner, il nous reste la démission, trouver une place en Police municipale, ou un drame humain.

Aussi j'aurai besoin d'idée afin de faire changer le système, pour que mes compatriotes vivent mieux cet éloignement ( mutation plus rapide, aide dès son installation en métropole, facilité à regagner l'ile plus souvent ,.....)

Idriss Ranga

 

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