Rafales de tirs et manœuvres militaires : Cilaos au cœur d’un exercice grandeur nature

Des rafales de tirs, des blindés et des militaires déployés dans les rues de Cilaos. Du 25 au 30 janvier 2026, le cirque a accueilli un exercice militaire grandeur nature mobilisant plusieurs centaines de soldats, sous le commandement du 2e RPIMA des FAZSOI.
Un, puis deux coups. Des répliques, puis des tirs (à blanc) en rafale. Pendant plusieurs jours, les rues de Cilaos ont résonné au rythme de cet exercice, de quoi surprendre touristes et habitants, même si ces derniers avaient été alertés en amont.
Des militaires sont arrivés par les airs, par les sentiers de randonnée ou encore en camion dans les rues du cirque, suscitant surprise et curiosité parmi la population.
400 militaires engagés sur des terrains variés
Au total, 400 militaires et une centaine de véhicules ont été mobilisés, dont le Dauphin de la 34F de la Marine nationale. L’exercice tactique a débuté à L’Étang-Salé avant de s’achever à Cilaos, alternant zones urbaines, zones d’activité et milieu forestier. La particularité de cet entraînement a été la présence de la population civile, intégrée au scénario.
L’opération a été menée sous le commandement de l’état-major constitué en groupement tactique interarmes du 2e RPIMA des FAZSOI.
Infiltrations, reconnaissances, libérations d’axes, combats en zones hostiles, protection et évacuation de la population : l’objectif pour le 2e RPIMA était de conduire une manœuvre offensive dans un cadre interarmées.
Un scénario fictif, mais réaliste
En tant qu’unique régiment parachutiste projetable dans l’océan Indien, le 2e RPIMA entend ainsi réaffirmer “sa capacité à intervenir sans délai, en toutes circonstances pour assurer la sécurité de la zone de responsabilité des forces armées dans la zone de l’océan Indien (FAZSOI)”.
Le colonel Vincent Lehmuller, chef de corps du 2e RPIMA, insiste sur le caractère fictif de l’exercice, construit sur des situations réalistes. Pour les besoins du scénario, l’île de La Réunion avait été rebaptisée “Le Patagan”. Traversée par une crise politique et économique, elle était divisée en deux : une milice armée, soutenue par des forces étrangères, avait pris le contrôle du sud de l’île.
Le nord, toujours tenu par les autorités pataganes avec le soutien de la communauté internationale, a alors fait appel au 2e RPIMA et aux FAZSOI pour reprendre la partie sud, dont le chef de la milice avait été installé dans les locaux en chantier de la mairie de Cilaos.
Une démonstration de capacité opérationnelle
L’enjeu est aussi une démonstration de force, montrer que “le 2e RPIMA est prêt à faire face à tous types de menace et dans tous types de terrains”, précise le colonel Vincent Lehmuller.
Pour le maire de la commune, Jacques Técher, “le message à faire passer, c’est qu’il faut être prêt à toute situation. On est dans un monde de très fortes turbulences, avec des surprises du jour au lendemain. Cet exercice entre certainement dans ce cadre-là, de faire comprendre aux habitants que nous devons être prêts face à tous types de situation”.


