Que fait la police ?

Le premier devoir de l’autorité, c’est la sécurité. Il est malheureusement évident qu’à la Réunion celle-ci n’est plus assurée.
Il suffit d’écouter Radio Freedom quelques minutes pour en avoir des exemples à la pelle. Des voies de circulations bloquées par des encombrants, des individus cagoulés, des jets de pierres, du racket, de véritables « violences urbaines » : autant d’actes illégaux voire criminels qui sont accomplis sans véritable réaction de la part des forces de l’ordre. C’est incompréhensible. Les auditeurs qui témoignent en direct ont tous le même cri du cœur : que fait la police ? A quoi servent nos impôts ?
On se le demande. On se demande aussi à quoi pensent nos technocrates en laissant cette jeunesse désoeuvrée, désemparée voire désespérée goûter la divine jouissance du sentiment d’exister que lui procure le pouvoir insolent qu’elle peut exercer sur la population à l’occasion du mouvement de protestation des « gilets jaunes » — mouvement dont l’expression me paraît ô combien légitime au regard de la veule soumission gouvernementale aux puissances d’argent. N’est-ce pas les quatre milliards perdus avec la fin de l’ISF qui obligent à cette flambée des taxes ?
Lâcher la bride à une jeunesse en déshérence qui s’enhardit sur les voies de la transgression, c’est ouvrir une boîte de pandore que jamais les pandores ne pourront refermer. En l’absence de réaction, la contagion et la fièvre gagneront les adultes prédisposés à prendre leur revanche sur une vie pleine de frustrations et de vexations. Quand les autorités — fautives d’avoir laissé tant de personnes être gagnées par de vaines espérances — se décideront enfin à réagir comme il se doit, elles ne pourront contenir la dynamique insurrectionnelle sans susciter des réactions violentes de part et d’autre. Tout ceci est donc une recette sûre pour un désastre dont on se demande qui pourrait y trouver intérêt.
Afin que les forces de l’ordre restent des agents de la paix, leurs autorités de tutelle doivent leur permettre d’intervenir sans délai, autant que nécessaire afin que la sécurité humaine mais aussi animale ne soit pas compromise et que la loi — qui nous rassemble et nous permet de vivre-ensemble sereinement — soit respectée et non ostensiblement bafouée. Comment peut-on tolérer le port de cagoules dans ces circonstances troubles alors que le port du voile intégral a été interdit à de paisibles mères de famille ?
Je veux croire que, tout en permettant aux « gilets jaunes » d’exprimer civilement leurs revendications, il est encore temps de remettre les choses en ordre avant la fatale montée aux extrêmes. Il ne m’appartient pas de juger des moyens appropriés mais il me semble que si un couvre-feu pour les mineurs pouvait servir au maintien de l’état de droit, il serait insensé de s’en priver.
En paraphrasant les pensées néo-testamentaire et taoïste on pourrait dire qu’afin de préserver le bon grain citoyen, y compris celui des « gilets jaunes », il conviendrait de couper la jeune liane de l’ivraie insurrectionnelle avant qu’elle n’envahisse tout l’espace social.


