Quand la voix d'un imbécile vaut celle d'un prix Nobel

Freedom est un signe de ce que pense une partie des Réunionnais. La partie la plus bruyante. Mais cette radio ne doit absolument pas être prise pour un baromètre de l’opinion publique en général.
Selon les auditeurs de la radio ces derniers jours, on allait voir ce qu’on allait voir. Le 10 septembre, toute La Réunion allait être bloquée, ça allait péter de partout, les grandes surfaces allaient être boycottées, etc...
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En réalité, rien de tout cela ne s’est passé. On n’a jamais aussi bien roulé sur les routes de l’île que ce matin ! Tout juste a-t-on relevé une poignée de manifestants à Saint-Denis et Saint-Pierre et c’est tout.
Ce que j’appelle les révolutionnaires de canapé ont encore frappé. Vous savez, ceux qui monopolisent les ondes de Freedom et les commentaires des différents sites en ligne. "Y a qu’à, faut qu’on" sont leurs maîtres mots. Toujours à se plaindre, à relever le moindre petit fait qui ne va pas. Et comme ces derniers ne manquent pas, leur tâche est facile.
Alors oui, c’est vrai, il y aurait mille raisons de se plaindre. Des salaires pas assez élevés et dans beaucoup d’entreprises bloqués, des loyers toujours plus chers, les prix de la nourriture qui augmentent, des fins de mois toujours plus difficiles... Et rajoutez là-dessus une dette qui explose et qui va contraindre les gouvernements, quelle que soit leur couleur politique, à prendre des mesures contraignantes et impopulaires.
Oui il y a mille raisons d'être d'humeur morose, voire en colère.
Mais face à cette situation, paralyser l’île aurait été la pire des solutions. Ça n’aurait fait qu’aggraver le problème en appauvrissant encore plus l’économie et en fragilisant les entreprises, celles qui emploient et celles qui, avec les impôts qu’elles paient, sont justement une des solutions aux problèmes.
Alors, quoi faire ? La réponse est simple : voter. Et faire le bon choix. Savoir faire le tri entre les populistes prêts à promettre la lune pour se faire élire et les corrompus qui ne penseront qu’à leurs poches et à celles de leurs familles une fois en place.
Malheureusement, ceux qui crient le plus sont justement ceux qui ne votent pas ou plus. C’est plus facile de causer dans le poste...
Pour finir, je ne résiste pas au plaisir de vous offrir cette citation de Umberto Eco : "Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui, avant, ne parlaient qu’au bar, après un verre de vin, et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite. Aujourd’hui, ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel. C’est l’invasion des imbéciles".


