Revenir à la rubrique : Courrier des lecteurs

Protection animale : "Ne faisons pas des Réunionnais les boucs émissaires"

Ecrit par zinfos974 – le samedi 25 juillet 2026 à 08H52

Dans une tribune, le collectif SER (Solidaire Ensemble Réunion) et l'association La Case à Chiots – Nés pour Vivre estiment que les récentes polémiques autour de l'affaire Bayron ont favorisé des amalgames visant les Réunionnais. Ils appellent à défendre la cause animale sans nourrir la stigmatisation d'une population:

La Réunion : protéger les animaux sans stigmatiser un peuple

L’affaire Bayron dépasse aujourd’hui le seul sort d’un chien. Elle soulève des questions plus larges sur la protection animale, le respect de l’État de droit, la responsabilité des acteurs publics et la manière dont La Réunion et ses habitants sont représentés dans le débat public.

Depuis plus d’un an et demi, le collectif SER – Solidaire Ensemble Réunion affirme alerter sur des dérives qui, selon lui, dépassent largement la seule cause animale. Ces dernières semaines, les accusations, les amalgames et les propos visant les Réunionnais se sont multipliés, créant un climat de tension devenu difficilement acceptable.

Le collectif rappelle que, si des fautes ou des infractions sont alléguées, il appartient à la justice et aux autorités compétentes d’en établir les responsabilités. Les réseaux sociaux ne peuvent se substituer au droit ni condamner publiquement des personnes ou une population entière sans décision de justice.

À partir de situations individuelles, certains discours généralisent et donnent une image dévalorisante de l’ensemble des Réunionnais. Le collectif considère ces amalgames comme injustes et profondément irrespectueux envers les nombreux citoyens, bénévoles et associations qui œuvrent quotidiennement pour la protection animale.

Cette position est également portée par La Case à Chiots – Nés pour Vivre, association de protection animale créée en avril 2021 à La Plaine-des-Cafres. Son équipe explique que les polémiques récentes l’ont progressivement éloignée de sa mission première : secourir et protéger les animaux.

L’association dénonce une montée des insultes, des propos discriminatoires et des tensions sur les réseaux sociaux visant les Réunionnais. Elle s’inquiète également de voir le débat public dériver vers des attaques personnelles plutôt que vers des solutions concrètes pour le bien-être animal.

Le collectif et l’association rejettent également les accusations présentant les Réunionnais comme globalement hostiles aux Métropolitains. Ils rappellent que La Réunion est une terre de diversité, de métissage et de vivre-ensemble, et refusent que des comportements individuels soient utilisés pour caractériser toute une population.

Ils dénoncent également les appels au boycott touristique de l’île, estimant qu’ils pénaliseraient avant tout les familles réunionnaises, les salariés, les commerçants et l’économie locale, sans apporter de réponse aux enjeux de protection animale.

Plusieurs associations indiquent avoir alerté à différentes reprises les autorités compétentes sur des situations qu’elles jugent préoccupantes pour le bien-être animal. Elles demandent que ces signalements soient examinés avec impartialité et que toutes les structures respectueuses de la réglementation bénéficient du même niveau d’écoute et de considération.

Pour le collectif SER comme pour La Case à Chiots – Nés pour Vivre, la protection animale ne doit jamais devenir un prétexte à la haine, au racisme, à la stigmatisation ou à la division de la société réunionnaise.

Leur message est clair : défendre les animaux et défendre la dignité d’un peuple sont deux combats complémentaires. Dénoncer les discriminations envers les Réunionnais ne revient pas à minimiser la maltraitance animale ; c’est refuser qu’une cause juste serve à justifier des amalgames ou des discours de haine.

L’affaire Bayron est ainsi devenue le symbole d’un débat plus vaste sur l’application du droit, la place des associations de protection animale, la responsabilité des institutions et la nécessité de préserver un débat public fondé sur les faits plutôt que sur les généralisations.

Le collectif appelle aujourd’hui les pouvoirs publics, les médias et l’ensemble des citoyens à favoriser le dialogue, à écouter toutes les parties et à distinguer les responsabilités individuelles de l’image d’un territoire tout entier.

Défendre les animaux ne donne pas le droit de condamner un peuple.
Protéger une cause ne devrait jamais conduire à en sacrifier une autre.

Warms regards.
Marine Dufourg

Etiquettes : Animaux | Association | PU2

Dans la même rubrique

0💬
Tri :