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Procès hors normes aux Assises de Mamoudzou

Un gang à "l'organisation quasi militaire" est accusé d'avoir commis en 2016 une vingtaine de cambriolages avec arme, visant principalement des coffres-forts. Une des victimes, handicapée, a refait sa vie à La Réunion. L'avocat général a requis jusqu'à 20 ans de réclusion.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 22 février 2022 à 21H18

"Vous ne devez pas avoir peur de sanctionner". En entamant son réquisitoire, l'avocat général pose le ton. Ses réquisitions pour les 12 accusés ne seront pas clémentes. Face à lui, seuls sept mis en cause sont présents. Les autres étant en fuite. Il leur est reproché une série de faits de vols avec arme, violence et en bande organisée, commis en 2016. Alors que les regards étaient tournés vers la crise des décasages, une bande écumait commerces et entreprises à la recherche de coffres forts. Plusieurs larcins étant émaillés de violences graves. Des vigiles ont été séquestrés, et un entrepreneur handicapé, depuis installé à La Réunion, a été poussé de son fauteuil roulant et tabassé en présence de son fils, traumatisé depuis les faits.
Le butin total s'élèverait à plus de 230.000 euros.
"C’est le moment pour eux de rendre des comptes à la société", a estimé ce mardi l'avocat général qui dénonçait "une succession de faits tout à fait impressionnante" mais aussi la "sauvagerie" des agresseurs. Le parquetier n'a pas manqué de souligner "l'acharnement à dédouaner les uns et les autres" signe potentiel de "pressions" qui auraient pu être exercées en détention.
Pour le plus jeune, mineur lors des faits, 3 ans de prison sont requis. Pour les plus impliqués, les peines demandées sont dignes des pires braqueurs. 20 ans pour un des leaders présumés, 18 ans pour cinq de ses comparses, 17, 14 et 8 ans de réclusion pour les autres.
La partie civile avait pointé l'organisation "quasi militaire" de la bande, constituée d'un "noyau dur" qui faisait appel à des complices éphémères pour surveiller tel ou tel quartier. Les vols avaient lieu dans toute l'île, du nord au sud en passant par le chef-lieu. En l'absence de pathologies psychiatrique, "Ils peuvent assumer la sanction qui accompagnera la peine. Ils sont tous responsables", a estimé le procureur.
Les délibérations devaient se poursuivre jusqu'à tard, les jurés ayant des dizaines de questions à répondre, et l'audience ayant pris du retard en raison du malaise d'une magistrate en plein procès. Lequel ayant commencé il y a 10 jours, est hors norme jusqu'au bout.

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