Près de 50% de l'eau réunionnaise non conforme aux critères européens

Le Comité de bassin a présenté l'étude menée entre 2010 et 2011 sur la qualité de l'eau à la Réunion (bientôt publiée sur le site du comité ndlr). Même si le constat général s'est amélioré par rapport à 2007 - 70% des masses d'eau n'étaient pas conformes à la réglementation européenne - il reste encore du travail pour améliorer la qualité générale des eaux réunionnaises. "L'état des lieux porte sur la période 2010 et 2011. Dans les résultats bruts, il y a une amélioration générale. Mais dans 50% des cas l'eau est plutôt conforme et dans 50% des autres cas les critères ne sont pas conformes", explique Michel Monclar, directeur adjoint de la DEAL (Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement).
Pour établir la conformité de l'eau en terme de qualité, 41 critères sont arrêtés par l'Union européenne. "Il y a des critères écologiques, chimiques quantifiés en bon, moyen, mauvais ou médiocre. La compilation de ces éléments donne la qualité de l'eau", rappelle Daniel Alamélou, président du Comité de bassin.
Dans les détails, 17% des cours de l'eau de la Réunion sont en "bon état", 78% des masses d'eau souterraines sont en bon "état", 77% des masses d'eau côtières sont dans un état "satisfaisant". Enfin deux plans d'eau sur 3 sont dans un état "dégradé", précise le Comité de bassin.
"De cet état des lieux, nous allons pouvoir rentrer dans un travail important. Celui de mettre en place, premier semestre 2014, des ateliers de travail avec l'ensemble des acteurs de l'eau (au-delà des membres du comité de bassin ndlr) élargis à d'autre institutions pour élaborer l'écriture du nouveau Schéma directeur d'aménagement départemental de gestion de l'eau. Un document important qui définira une mise en œuvre du nouveau schéma sur la période 2016-2021, dont découlera les grandes orientations pour l'amélioration des masses d'eau à la Réunion", poursuit Daniel Alamélou.
Le risque de sanction financière
Un document indispensable d'autant que l'Union européenne veille au grain en matière de qualité de l'eau en France. Comme pour le cas des STEP, la Réunion pourrait se voir exposer à des sanctions financières de la part de l'Europe si elle ne rentre pas dans les clous. "Il y a une épée de Damoclès au-dessus de notre tête et des résultats à donner. Même si on note une nette amélioration sur les structures et équipements, il reste encore des améliorations à faire. Certains territoires ne sont pas encore en conformité. Les collectivité doivent faire des efforts en matière de lutte contre la pollution des eaux. Après, comment demander à l'usager lambda de faire des efforts si les collectivités ne font pas d'efforts. Il faut aller vers le même objectif", précise-t-il.
Tout ce travail autour de l'eau passera par l'usager lui-même. Un travail de pédagogie sur l'utilisation de l'eau au quotidien qu'elle soit à usage domestique, économique ou encore agricole. Une mise en conformité qui amènera immanquablement la facture d'eau à gonfler. Mais c'est un autre sujet.
Quatre groupes de travail vont se pencher sur quatre problématiques à savoir comment améliorer la continuité écologique des cours d'eau, lutter contre la pollution des eaux, gérer les prélèvements sur la ressource ou encore définir le mode de gouvernance et la coopération politique de l'eau à la Réunion.
Le public sera invité à s'associer aux travaux par le biais d'une consultation publique qui aura lieu du mois de décembre 2014 au mois de juin 2015.


