Premier CSU de l’Est : Bras-Panon placée sous vidéo-protection

La commune et l’État ont inauguré ce mardi le flambant neuf pôle de sécurité de Bras-Panon. Premier du genre dans l’Est, il abrite les bureaux de la police municipale et des ASVP ainsi qu’un Centre de Supervision Urbain (CSU) où sont scrutées en direct les images des 16 caméras déjà déployées sur la ville, 48 à terme.
Un conseil : si vous vous rendez à Bras-Panon, faites attention à la façon dont vous vous garez, il y a des chances que vous soyez filmés. Un avertissement qui vaut surtout pour toute personne qui aurait l’intention d’effectuer un vol ou une agression : souriez, vous êtes déjà sûrement en train de vous faire enregistrer.
En cas d’incident, l’information sera alors transmise directement aux policiers municipaux et ASVP (agents de surveillance de la voie publique) déployés sur le terrain, en relation avec les gendarmes, situés juste en face du nouveau pôle de sécurité de la ville, inauguré ce jeudi par Jeannick Atchapa et le sous-préfet de l’Est, Fabrice Bonicel.
D’une superficie de 300 m², le bâtiment offre des conditions de travail optimales aux policiers municipaux et aux ASVP de la commune. Mais le clou de la visite est à l’étage : un Centre de Supervision Urbain (CSU) flambant neuf qui impressionne avec son mur d’une dizaine d’écrans géants permettant de visionner en direct les images des 16 caméras haute définition installées sur la commune.

Un investissement de 1,4 million d’euros
Premier du genre dans l’Est, il permet un suivi en temps réel de la vidéoprotection en cours de déploiement. Des caméras ont déjà permis d’appuyer les forces de l’ordre notamment pour l’arrestation de l’auteur d’un vol avec effraction.
Les travaux, entamés en 2023, ont coûté 1,4 million d’euros, pris en charge à 80 % par l’État.
Pour l’instant, les caméras sont principalement installées dans le centre-ville et ses abords, le champ de foire (où se déroule la Foire agricole), mais aussi le cimetière, où des vols ont eu lieu par le passé. Deux caméras capables de lire les plaques d’immatriculation vont également être installées à l’entrée et à la sortie de la ville. C’est déjà le cas du côté du cimetière.
Au fur et à mesure, ce sont 48 caméras qui vont être installées, en priorité aux abords des établissements scolaires - comme c’est déjà le cas dans le centre-ville - et dans les zones les plus fréquentées. La prochaine installation, prévue dans les prochains mois, concernera le secteur du gymnase et de la piscine, là où se déroule chaque jeudi le marché forain, ainsi que le lycée et le collège.
Les autres quartiers seront aussi concernés au fur et à mesure, à l’image de la Rivière-du-Mât-les-Hauts et de la Rivière-des-Roches.

Des images enregistrées pendant 30 jours
Les images sont enregistrées pendant 30 jours. Elles peuvent tourner sur 360 degrés et zoomer sur une plaque d’immatriculation. Les habitations privées sont floutées, seul l’espace public est filmé en continu.
Le CSU permet la constatation de flagrants délits, la sécurisation de la voie publique et des manifestations de la ville, et apporte un appui aux équipes sur le terrain, met en avant la mairie. La lutte contre les dépôts sauvages est une autre mission assurée par les caméras, ainsi que le contrôle du stationnement “très gênant”.
Derrière l’écran, un agent scrute en direct les images (durant les heures de travail) qui sont enregistrées 24h/24 et consultables par les gendarmes sur réquisition.
Avec également le projet de renforcer les équipes de la police municipale — qui passeront de 5 à 6 policiers et de 4 à 5 ASVP — l’objectif est de pouvoir couvrir aussi les mi-soirées, jusqu’à 22-23 heures, et les week-ends.
« Il nous manquait des moyens de surveillance, notamment pour la Foire, mais aussi pour la connaissance des flux de véhicules », commente le maire.

Une commune “sûre”, mais vigilante
Avec de tels équipements et effectifs, la commune se retrouve avec le paradoxe d’être la mieux sécurisée de l’Est, alors qu’elle est en-deça des chiffres de délinquance affichés par d’autres villes de la zone.
Selon les données de la commune, Bras-Panon a recensé environ 523 faits de crimes et délits en 2024 pour 13.000 habitants, soit un taux de 39,8 faits pour 1.000 habitants, légèrement inférieur à la moyenne régionale de 40,71 pour 1.000.
« Ces chiffres sont le constat que Bras-Panon est une commune qui reste sûre, mais nous rappellent que nous devons rester vigilants et que nous pouvons agir », a déclaré le maire.
“Il vaut mieux prévenir que guérir”
Il met en avant une baisse en 2023 du nombre d’interventions des gendarmes (885 contre 962 en 2022) et des interventions pour violences intrafamiliales, passées de 137 à 75 sur la même période.
« Il vaut mieux prévenir que guérir. Compte tenu de notre placement entre deux centres urbains très développés, il vaut mieux penser au changement que changer le pansement. On a décidé d’y aller à fond et de créer un outil performant pour ne pas se faire déborder et pour passer un message fort à ceux qui voudraient créer des délits : passez votre chemin », poursuit-il.
Première à s’équiper, la commune doit être suivie par Saint-André et Saint-Benoît, déjà dotées de caméras, mais pas d’un tel centre de visionnage. L’installation d’une caméra a un effet dissuasif prouvé, souligne le sous-préfet, qui rappelle que la mise en place de tels équipements est une « priorité ».



