Pourquoi les gilets jaunes ont changé de couleur

Depuis le 17 novembre, on nous abreuve de gilets jaunes, sans étiquette politique ou syndicale. Une France unie, clamant d'une seule voix un ras le bol fiscal et une volonté de "vivre décemment" dans une VIème république pleine d'allocations et de RSA.
Pourtant, le mouvement qui aujourd'hui dérape largement, prend ses sources ailleurs que dans ces revendications.
A l'origine, le ras le bol se situe au niveau des automobilistes, agacés d'être les pigeons payeurs, constamment pointés du doigt pour tous les maux de la Terre. La hausse de la taxe carburant bien sûr est le prétexte du mécontentement, mais cette goutte supplémentaire de fiscalité est le terme d'un amoncellement de mesures à sens unique : les radars automatiques, les 80 km/h, le contrôle technique renforcé, les vilains pollueurs, les vilains assassins, les tarifs des péages, les péages urbains, la politique dictatoriale de Paris. Tout cela sous couvert de propagande écologiste, sécuritaire et sanitaire. Avoir une auto sera bientôt un crime contre l'humanité, sauf bien sûr quand elle sera électrique, alimentée par des champs d'éoliennes et des batteries chinoises mais c'est un autre débat.
Ce mouvement prend donc vie dans des revendications bien franchouillardes, bien à droite, bien libérales. Et ça, ça ne plaît pas aux professionnels de la révolution, de la grève, de la grogne.
Le peuple descend dans la rue pour de légitimes raisons. L'occasion est trop belle pour les frustrés de la présidentielle et du "3ème tour social".
Bientôt les discours évoluent aux ronds points. Il n'est plus question de voiture mais de la hausse du SMIC, des salaires, des cotisations patronales, de destitution et de VIème république. Bref, le programme de Mélenchon.
Les manifs et les blocages, ils connaissent. Surtout quand ils n'ont que ça à faire, et peuvent ainsi contrôler le mouvement par le simple fait de leur présence quotidienne. Le mouvement se tend et perd sa sympathique et ô combien légitime raison d'être. Les gauchistes ont pris le pouvoir et la chienlit s'installe...
Ou est passée Jacline Mouraud (dont je vous conseille de revoir l'interview affligeante du 06/11 à "C à Vous" https://www.youtube.com/watch?v=CCxlDDt98Vk), porte étendard de la première contestation ? Elle se fait menacer de mort si elle rencontre Edouard Philippe, et se rend compte que son bébé est entre les mains d'anarchistes gauchistes.
Et voilà comment, en l'espace de 3 semaines, la gauche et son extrême se sont appropriées la révolte. Les signes n'en sont que trop criants, bien que personne n'ose le dire : saccages des magasins, menaces aux points de blocage, vandalisme et irrespect de l'Histoire et de la France, attaques organisées contre les forces de l'ordre, messages mensongers sur les soit disant "fascistes" qui gangrènent les manifestations, menaces de mort envers les "opposants" ou "rebelles".
Ce ne sont donc plus des gilets jaunes qui envahissent Paris tous les week end, mais bien des chemises Rouges qui souhaitent l'anarchie et le chaos, avec les mêmes méthodes qu'à Notre Dame des Landes, face à un pouvoir aussi lamentable et sans courage qu'à l'époque de l'aéroport.
Autrefois, les "jaunes" avaient pour connotation les briseurs de grève. Aujourd'hui, ils sont rouges et ce sont des briseurs de rêve.


