Pour le bonheur de Cindy

Début février, dans le département du Gers, une petite fille de cinq ans est arrachée à sa famille d’accueil. Motif officiel de cet enlèvement : "L’amour et les liens affectifs qui unissent cette famille et Cindy sont trop forts".
Sur demande des parents, approuvée et organisée par les assistantes sociales du Conseil Général, Cindy rencontre une nouvelle famille d’accueil le 2 février, ce qui devrait aboutir à un autre placement quelques jours plus tard. Mais ce mercredi là, les services sociaux en ont décidé autrement. Cindy part dans une autre famille sans que ni elle, ni Séverine et François ne soient prévenus : "Elle est partie avec ce qu’elle avait sur le dos : son gros manteau parce qu’il fait froid, et son petit chapeau. Elle n’a même pas son doudou, rien…", déplore François. La jeune enfant part donc sans même dire au revoir et sans affaires. Arrivée à deux-mois et demi chez les Boyer, Cindy n’a connu qu’eux, et se retrouve du jour au lendemain, arrachée de son quotidien, sans repères, sans amis, sans rien.
Du côté du Conseil Général, on se félicite de ce placement en indiquant que les choses ont été faites "dans l’intérêt supérieur de l’enfant". En quoi et comment peut-on décider d’arracher une enfant de cette façon, l’extraire d’un cadre vie qu’elle a pour ainsi dire toujours connu, et justifier tout cela au motif que c’est dans son intérêt ? Lui a-t-on demandé son avis ? Ce n’est pas parce qu’elle "aime" sa famille d’accueil qu’elle n’en aime pas moins ses parents biologiques, qui, malheureusement, ne peuvent subvenir à ses besoins.
Cet acte quasi inhumain a fait grand bruit dans le département du Gers et a suscité colère, et indignation partout en France. Des radios nationales commencent à révéler l’affaire, des articles dans diverses presses nationales, locales, spécialisées ou non sont publiés, une page Facebook a été créée afin de relayer l’information à un maximum de personnes.
Un blog a vu le jour : http://voxpopulivoxdei.hautetfort.com/accueil/ qui explique le but du mouvement, les actions nationales (courriers à différents ministres ainsi qu’à la première dame de France, Carla Bruni, l’envoi de doudous à Cindy…), et indique aussi les liens vers la pétition en ligne ainsi que les contacts des comités dans chaque département. La famille d’accueil souhaite aller jusqu’au tribunal, et sera soutenue et défendue par l’association de Carole Bouquet, "la voix de l’enfant".
C’est dans cet élan de solidarité et prenant cette affaire à cœur que j’ai décidé de me porter volontaire pour le collectif de soutien à La Réunion. Seul département d’outre-mer à l’heure actuelle, l’objectif premier est de dévoiler l’affaire aux médias locaux. Ce que nous voulons c’est informer et sensibiliser les Réunionnais sur cette affaire. De plus, nous recherchons des bénévoles, des personnes souhaitant s’impliquer un peu plus et nous aider dans le collectif (familles d’accueil, assistantes sociale, politiques et autres…) afin de participer aux actions, signer la pétition, envoyer des courriers pour montrer que même à 10000 km du Gers, des gens se sentent concernés.
Peut-être que certains, enfants comme familles d’accueil, ont vécu une situation similaire. Ils peuvent nous contacter à cette adresse [email protected]
Ces témoignages permettront la défense du dossier et le droit "d’aimer" un enfant même si celui est en famille d’accueil.
Pour le moment, nous n’avons pas d’actions locales particulières étant donné la jeunesse de notre collectif. Nous répondons à un mouvement national. C’est pourquoi, actuellement, nous nous contentons d’alerter les médias, de renforcer ce collectif, de récolter des témoignages et d’inciter les Réunionnais à signer la pétition et à rejoindre la page Facebook ("Pour le bonheur de Cindy") ainsi que de prendre contact avec le collectif. Nous avons besoin de votre soutien sous toutes ses formes pour faire avancer les choses. Une réaction de la part de personnalités politiques permettrait de faire avancer les choses encore plus rapidement et d’alerter les pouvoirs nationaux.
Certains réunionnais ont déjà rejoint la page facebook, d’autres nous ont écrit pour nous faire part de leur colère, de leur soutien. Merci à eux, merci aux Réunionnais, merci à la gentillesse et à la solidarité dont a toujours su faire preuve La Réunion.
N’hésitez pas à vous mobiliser, à signer la pétition en ligne.
Ensemble et avec votre aide, vos témoignages, nous espérons faire évoluer les choses. Cindy n’est pas la seule dans ce cas. D’autres cas similaires existent en métropole tel le petit Quentin, qui, depuis qu’il a été retiré de sa famille d’accueil a perdu quelques kilos. Il réclame à retourner chez celle qui l’a élevé mais l’assistante sociale fait la sourde oreille. Une page Facebook "Pour Quentin" a vu également le jour, ainsi qu’une pétition.
Et il doit surement avoir des cas à La Réunion ? N’hésitez pas à nous le faire savoir.
Mélanie, pour le collectif "Pour Pussou 974"


